Dette : ils sauvent les fortunes, pas les peuples

12 Juillet 2022

Le 8 juillet s’est tenue à Paris la neuvième conférence sur la dette des pays pauvres. Les pays prêteurs sont inquiets de l’évolution catastrophique de la situation, pas pour les populations concernées, mais pour le portefeuille des créanciers.

Le Club de Paris tente donc d’obtenir des créanciers ce qu’ils appellent une restructuration de la dette, c’est-à-dire un moyen de rééchelonner les paiements, voire de prêter davantage en échange de l’assurance que les pays emprunteurs pressureront bien leurs populations pour continuer à payer les intérêts. Ce fut le cas en Argentine en 2001, ou en Grèce en 2008. Les plans d’économies demandés par les organismes internationaux avaient alors provoqué un appauvrissement brutal des classes populaires.

Or, avec l’aggravation de la crise mondiale, les conséquences de la pandémie de Covid et de la guerre en Ukraine, la famine se profile, les créanciers redoutent l’effondrement économique des pays débiteurs, et leur impossibilité de rembourser. L’exemple actuel du Sri Lanka, qui a annoncé une suspension du paiement de sa dette et fait face à une contestation populaire inédite, les inquiète. D’autant que, selon les chiffres du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, une majorité de pays pauvres pourraient être concernés par ce problème.

À Paris, à Wall Street ou à Francfort, les maîtres du monde sont dépassés par le chaos de leur système. Leurs tentatives de colmater les brèches fournissent l’occasion de nouvelles spéculations, d’une instabilité croissante et, partout, de nouvelles catastrophes.

Camille PAGLIERI