CNR : nouveau lapin, vieux chapeau

08 Juin 2022

À l’occasion de sa non-campagne pour les élections législatives du 12 juin Macron a lancé un nouveau gadget, le Conseil national de la refondation, qui réunira toute sorte de gens choisis par le pouvoir ou tirés au sort pour discuter rapidement des graves problèmes de l’heure.

La première vertu de ce Conseil est de répéter l’acronyme du Conseil national de la résistance, organisme réputé avoir réuni tous les vrais patriotes, du PCF à la droite ex-pétainiste, derrière de Gaulle en 1944. La seconde est de n’avoir aucun autre sens que la pure et vaine agitation médiatique.

Les opposants, à droite, à l’extrême droite et à gauche n’en ont pas moins pris la mouche. Et tous d’accuser Macron de mépriser la représentation nationale et les institutions en proposant ce comité alors même que les électeurs sont censés choisir des députés chargés de décider de la politique à mener.

La feinte colère répond ainsi à la dérisoire opération de communication. Que ce soit Macron ou ses concurrents, tous sont bien placés pour savoir que, ni les députés, ni les représentants des grands partis politiques, ni les membres d’un quelconque comité Théodule ne décident quoi que ce soit d’important dans la politique de l’État. Elle est décidée, en étroite relation et conformément aux besoins du grand patronat, par le biais du président et des principaux ministres. Mais, pour le cacher, il faut bien de temps à autre inventer un nouveau gadget.

Paul GALOIS