Agroalimentaire : un trafic de plus !

08 Juin 2022

Mardi 7 juin, le procès de dix-huit trafiquants présumés de viande de cheval s’est ouvert à Marseille.

Ils sont accusés d’escroquerie en bande organisée, de faux et tromperie sur la marchandise, pour avoir transformé en viande de boucherie des chevaux et des poneys déclarés impropres à la consommation.

Certains de ces animaux n’avaient été confiés par leurs propriétaires à des rabatteurs que pour finir leurs jours tranquillement à la campagne. Mais à la tête du réseau un négociant belge et son acolyte auraient fourni des milliers de bêtes à des abattoirs, entre autres dans l’Hérault et le Gard, en utilisant de faux certificats vétérinaires dissimulant ainsi leur passé médicamenteux et même leur utilisation en laboratoire. Maquignons, rabatteurs, vétérinaires français, belges ou néerlandais se retrouvent donc eux aussi au tribunal et encourent jusqu’à dix ans d’emprisonnement. La société de vente en gros, Equid’sud à Alès, est aussi accusée de tromperie.

L ’avocat d’un vétérinaire fait valoir la complexité de la législation européenne et le fait qu’a priori « personne n’est mort empoisonné ».

Encore heureux ! Reste qu’après les bactéries E.coli dans les pizzas Buitoni, les viandes avariées de l’entreprise Castel Viandes dont le procès s’est ouvert début mai, un nouveau scandale alimentaire arrive sur le devant de la scène, et comme d’habitude après des années de nuisance.

Certes, il ne s’agit pas là d’un manque de vigilance, ou d’un mépris des règles de sécurité dans le processus de production, mais d’une fraude délibérée et criminelle. Cependant, elle révèle une fois de plus l’absence de contrôle, la négligence, voire le mépris de l’État.

Sylvie MARÉCHAL