Carrefour : “Bompard, arrête tes bobards !”

22 Décembre 2021

Tel est le slogan qu’affichait sur une pancarte une salariée en grève d’un supermarché de quartier à Paris vendredi 17 décembre. Elle répondait, comme d’autres travailleurs du groupe Carrefour, dirigé par Alexandre Bompard, à l’appel lancé par la CGT à cesser le travail du 18 au 23 décembre.

La dégradation continue des conditions de travail est en cause, avec l’augmentation des amplitudes horaires, l’ouverture les dimanches, les départs non remplacés et la polyvalence bouche-trou. Les grévistes revendiquent aussi une augmentation de salaire de 300 euros par mois pour tous.

Quatre cents millions d’euros ont été distribués aux actionnaires en 2021 et le patron vient d’annoncer 1 % d’augmentation des salaires de décembre, alors que l’Insee affiche une hausse des prix de 2,8 % sur un an, largement en dessous de la réalité.

À ces pertes de pouvoir d’achat s’ajoute la politique accélérée de mise en location-gérance de nombreux magasins prétendument non rentables. Il s’agit en fait d’un tour de passe-passe pour baisser les salaires des travailleurs, plus de 6 000 au total. Ainsi, entre 2018 et 2021, 184 magasins, 32 hypermarchés et 152 Carrefour Market ont changé officiellement de propriétaire. Et, en 2022, 16 hypers et 27 Market devraient suivre.

Le locataire gérant est un intermédiaire qui, à la tête de sa propre société de gestion, devient le locataire du groupe Carrefour, propriétaire des murs et fournisseur exclusif de l’ensemble des produits vendus. Le groupe fait ainsi sa marge sans avoir à assurer les coûts de fonctionnement du magasin, et surtout les salaires des employés.

La conséquence immédiate et scandaleuse pour les travailleurs est qu’ils perdent les primes, la mutuelle, les tickets-restaurants et tous les droits se rattachant à la convention collective. Soit, au total, sur une année de salaire, près de 2 300 euros en moins !

Une telle attaque ne passe pas sans susciter des mobilisations et des grèves parmi les travailleurs concernés. Le 28 novembre, les travailleurs de l’hypermarché de Vitrolles (500 salariés) se sont mis en grève à l’annonce de leur passage en location-gérance. Des mouvements ont également touché bien d’autres magasins dans le pays.

Chaque fois, c’est la même colère face à un patron qui aggrave les conditions de travail, bloque les salaires dans tous les magasins et ampute brutalement les salaires de milliers de travailleurs avec le passage en location-gérance.

Philippe Logier