PGE : profit garanti par l’État

09 Novembre 2021

Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, a prolongé de six mois le dispositif de Prêt garanti par l’État (PGE). L’État garantit en effet depuis mars 2020, sous prétexte d’épidémie, les emprunts faits auprès des banques par les entreprises privées.

Il s’agit d’aider les entreprises à passer un cap difficile, et cela dans l’intérêt général selon les autorités. Pour ce faire, l’État est prêt à garantir jusqu’à 300 milliards d’euros avancés par les banques privées à un taux modique.

L’administration envisageant des emprunts excédant le milliard d’euros, on voit qu’il ne s’agit pas seulement de secourir le restaurant à kebab du coin de la rue.

Cette mesure et d’autres du même tonneau ont visiblement été efficaces : les plus grandes entreprises, celles du CAC 40, ont fait 60 milliards d’euros de profits au premier semestre 2021. Les autres ont suivi, si l’on en juge par les milliards qui affluent en Bourse, sur le marché de l’art ou dans l’immobilier de luxe, faisant exploser prix, cours et bénéfices.

Pour ce qui est de l’intérêt général, en revanche, c’est beaucoup moins concluant. Avec ou sans statistiques officielles, des millions de travailleurs savent ce qu’ils ont perdu et ce que la hausse des prix leur fera perdre encore. Les familles et jusqu’aux étudiants, contraints de se rendre au Secours populaire, n’ont pas de garantie, et surtout pas celle du lendemain. Aucune banque n’avance de quoi passer l’hiver à ceux qu’on a expulsés de leur logement avant la trêve et l’État ne leur a garanti que l’envoi de l’avis d’expulsion d’abord, celui des gendarmes ensuite.

Paul GALOIS