Migrants : liberté de circulation !

09 Novembre 2021

Jeudi 4 novembre, un TER a percuté un groupe de migrants qui traversaient les voies pour rejoindre leur camp de fortune près de Calais. L’un d’eux est mort, trois autres ont été blessés, dont un grièvement. Un autre encore a été retrouvé sans vie dans un bateau à Wissant, dans le Pas-de-Calais.

À Calais, leurs mini-camps sont systématiquement détruits par la police, leurs affaires confisquées. À Grande-Synthe, dans le Nord, leur nombre aurait triplé : les associations humanitaires estiment qu’ils seraient entre 1 000 et 1 500, et le maire se dit débordé.

À Calais, sous la pression des associations, dont deux membres continuent leur grève de la faim, le ministre de l’Intérieur a seulement annoncé que le démantèlement des camps aurait lieu tous les trois jours, au lieu de tous les deux jours. Il a décidé également la création d’un centre d’accueil temporaire de 300 places qui ne sera, selon les organisations humanitaires, que l’antichambre du centre de rétention et de l’expulsion du territoire français, puisque la plus grande partie de ces migrants ont été déboutés du droit d’asile. Il ne leur reste qu’à fuir le plus vite possible.

Mais, à chaque voyage, ils risquent leur vie et souvent la perdent. Huit cents d’entre eux ont dû être secourus dans la Manche la première semaine de novembre. Entre janvier et la fin août 2021, 15 400 auraient tenté la traversée, contre 9 500 en 2020 selon le préfet maritime. 3 500 auraient été secourus pendant la traversée. Mais ils ne renoncent pas. Comme le dit un des migrants : « Mieux vaut essayer que pleurer. »

Survivre dans des conditions d’insalubrité insupportables, sous la pression policière constante et la menace d’être expulsé, ou bien tenter une traversée périlleuse en zodiac ou caché dans un camion, malgré une surveillance renforcée dans les zones portuaires : tel est le choix que leur impose la politique des pays riches qui se referment dans des frontières, cette survivance d’un autre âge.

Sylvie MARÉCHAL