Égalité hommes-femmes : pour 2234 ?

09 Novembre 2021

En analysant les chiffres publiés par l’organisme européen de statistiques Eurostat, le collectif féministe Les Glorieuses constate que l’écart de salaire en France entre les hommes et les femmes s’est creusé un peu plus depuis l’an dernier, au détriment des femmes, passant de 15,5 % à 16,5 % de moins.

Cette donnée peut se traduire symboliquement par le fait qu’à partir du 3 novembre, à 9 h 22 précises, les femmes ont commencé à travailler gratuitement jusqu’à la fin de l’année. Elles subissent cette inégalité de salaire dans tous les secteurs d’activité, constate le collectif. Mais, surtout, les secteurs dans lesquels les femmes sont majoritaires, comme la santé ou l’éducation, sont ceux dont les salaires sont les plus faibles.

Ce ne sont pourtant pas les lois, les décrets, les bonnes intentions affichées sous les gouvernements de tout bord qui ont manqué depuis 1972, date de la première loi sur l’égalité salariale, sous la présidence du gaulliste Pompidou. Onze ans plus tard, en 1983, est venue la loi Roudy, le PS étant au pouvoir avec Mitterrand. Deux autres sont arrivées en 2001 et 2006, sous Chirac. Puis est venue la loi pour « l’égalité réelle » de 2014, lors de la présidence de Hollande, censée combattre toutes les inégalités, que ce soit dans la sphère privée, professionnelle ou publique. En 2019, Macron n’a pas manqué d’y aller de son couplet, selon lequel la génération actuelle serait celle « de l’égalité femmes-hommes » dans tous les domaines.

Au-delà des paroles comme des écrits officiels, on en est encore là. Selon Rebecca Amsellem, créatrice du collectif, « à ce train-là, on aura l’égalité en 2234 ! »

Marianne LAMIRAL