Israël : le gouvernement intensifie les attaques contre les Palestiniens

27 Octobre 2021

Le 22 octobre, le gouvernement israélien de coalition, mené par l’homme politique d’extrême droite Neftali Bennett, a placé sur sa liste noire des organisations considérées comme terroristes six ONG palestiniennes.

L’une d’elles n’a cessé de dénoncer l’occupation depuis 1967 d’une partie de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est par l’armée israélienne, et les violences exercées par les colons qui s’y sont installés. Une autre fait connaître la situation des prisonniers palestiniens dans les geôles israéliennes, y compris ceux, nombreux, en détention dite administrative, sans procès. D’autres protestent contre les retombées de la situation d’occupation sur les femmes et les enfants palestiniens. Une autre enfin tente de défendre les droits des agriculteurs palestiniens. Mais Benny Gantz, ministre israélien de la Défense et ancien concurrent de Netanyahou lors de précédentes élections, a prétendu que « sous couvert d’activités civiles, ces organisations sont liées à la direction du FPLP [Front populaire de libération de la Palestine], qui appelle à la destruction d’Israël par des actes terroristes ». Les ONG en question riquent donc d’être privées des aides versées par les États européens. Quelques jours auparavant, les autorités israéliennes avaient également révoqué le statut de résident de Jérusalem de l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, impliqué dans la dénonciation du traitement des prisonniers par Israël et dénonciateur de la politique du gouvernement de Netanyahou comme de celle de ses successeurs.

Le geste du gouvernement israélien survient à une période critique pour la coalition au pouvoir, allant de la gauche sioniste à l’extrême droite en passant par le parti arabe islamiste Raam. Le budget qu’elle présente doit en effet être voté mi-novembre par les parlementaires, sous peine de nouvelles élections. Benny Gantz s’étant fait fort de négocier avec l’Autorité palestinienne et ayant même rencontré Mahmoud Abbas, l’attaque contre les ONG, et donc contre les Palestiniens, constitue en quelque sorte un gage de la politique étroitement nationaliste, une affirmation de l’image droitière du gouvernement.

Au lendemain de cette annonce, celle de la construction de 1 355 nouveaux logements dans certaines colonies juives de Cisjordanie occupée était publiée, après les 2000 déjà prévues depuis août. Plus de 675 000 colons israéliens occupent déjà de tels logements à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, imposant une quasi-annexion au territoire de plus en plus morcelé, traversé de routes militarisées, des trois millions de Palestiniens. Au demeurant, les deux millions d’habitants de la bande de Gaza subissent depuis quinze ans le blocus israélien.

Du côté des puissances occidentales, c’est le silence. Tout au plus les États-Unis viennent-ils de déplorer de n’avoir pas été prévenus. Tous apportent un soutien indéfectible au pouvoir israélien, leur principal allié dans la région, lui laissant réprimer la population palestinienne après l’avoir spoliée de ses terres.

Viviane LAFONT