Afghanistan : un chaos dont l’impérialisme est responsable

27 Octobre 2021

Le 15 octobre dernier, une mosquée chiite de Kandahar était visée par un attentat revendiqué par l’organisation État islamique-Khorasan (EI-K), branche locale de l’organisation État islamique, faisant au moins 47 morts et 80 blessés. Une semaine auparavant, un attentat contre la mosquée chiite de Kunduz avait fait 60 morts.

Depuis que les talibans ont pris Kaboul et qu’ils règnent sur la totalité du pays, près d’une trentaine d’attaques ont été revendiquées par l’EI, dont celle du 26 août à l’aéroport de Kaboul, la plus meurtrière avec 100 morts.

Selon un rapport de l’ONU datant de juin dernier, de 8 000 à 10 000 djihadistes venus du Moyen-Orient, du Caucase et d’Asie centrale auraient rejoint l’Afghanistan ces derniers mois. Une partie d’entre eux sont venus grossir les rangs du groupe État islamique, d’autres ceux d’Al - Qaïda, la frontière entre ces groupes djihadistes étant plus que floue.

Tous ces groupes, y compris EI, sont le produit des guerres menées par les États-Unis, avec la complicité des autres pays impérialistes, au Moyen-Orient, et en particulier en Irak à partir de 2003. La misère, les destructions et les nombreuses victimes ont contribué à grossir sans cesse les rangs des groupes djihadistes.

Après vingt ans de présence militaire, les États-Unis ont finalement choisi de quitter l’Afghanistan et de s’appuyer sur les talibans, qu’ils avaient déjà soutenus avant 2001. Les dirigeants impérialistes sont coutumiers de ce genre de volte-face. Les 9 et 10 octobre, au Qatar, des discussions ont eu lieu entre représentants américains et talibans, qualifiées de « franches et professionnelles » par le département d’État américain.

Ils se moquent bien que les talibans instaurent une dictature réactionnaire sur leur peuple. Les dirigeants américains soutiennent bien des régimes semblables dans le monde, les monarchies d’Arabie saoudite et du Golfe, pour ne citer que celles-là.

Pendant ce temps la population, qui a subi quarante ans de guerre et est toujours la proie de bandes armées diverses régnant dans le pays, se retrouve au bord de la famine. La presse a rapporté des témoignages de parents qui vendent un de leurs enfants pour ne pas mourir de faim. David Beasley, directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), a déclaré que 22,8 millions de personnes – sur 39 millions d’habitants en Afghanistan – étaient confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, contre 14 millions il y a à peine deux mois.

La situation en Afghanistan est à l’image de celle de bien des pays qui ont été victimes des interventions impérialistes.

Aline RETESSE