Chômage : le tour de passe-passe

05 Mai 2021

La publication des chiffres du chômage pour le début de l’année 2021 a été l’occasion pour le gouvernement de vanter sa politique. La ministre du Travail, Élisabeth Borne, a osé déclarer fièrement : « le chômage a augmenté de 8 % l’année dernière, de plus de 25 % lors de la crise de 2008 ».

Le gouvernement s’appuie sur des chiffres qui prouveraient une baisse de 14 000 chômeurs de catégorie A, sans aucune activité, entre janvier et mars, sur 3,56 millions de chômeurs pour la France métropolitaine. Sans même parler de cette baisse dérisoire, tous les chômeurs savent bien que sortir des comptes de Pôle emploi n’a souvent rien à voir avec un retour au travail : il suffit de faire un stage, ou de rater un rendez-vous et d’être radié. Mais en réalité, en 2020, le nombre de chômeurs a augmenté de 4,5 %. Officiellement, fin 2020, il y en avait plus de six millions, toutes catégories confondues.

Et encore, ces chiffres officiels ne tiennent pas compte d’une hausse bien plus importante : celle du chômage partiel. Entre février et mars, 100 000 travailleurs de plus se sont retrouvés dans cette catégorie, qui compte dorénavant 2,6 millions de salariés du privé. En mars, 197 millions d’heures ont été prises en charge au titre du chômage partiel, soit une indemnisation de 2 milliards d’euros, contre 1,7 milliard en janvier, et 1,6 en février. Et le gouvernement annonce une prolongation des aides presque chaque mois, maintenant ainsi l’économie dans un coma artificiel, dont il espère sortir le plus doucement possible, tout en sachant qu’en réalité le chômage risque alors d’exploser.

En attendant, les embauches vitales dans la santé, dans l’éducation et dans bien d’autres secteurs restent au point mort, et on aboutit à cette aberration qu’est l’inactivité forcée d’un côté, et l’épuisement au travail de l’autre. Face à cette catastrophe, les travailleurs, eux, ont tout intérêt à exiger des embauches massives, partout où il y a besoin.

Camille PAGLIERI