Hôpital Pitié-Salpêtrière – Paris : à l’heure de la deuxième vague, le manque de lits…

04 Novembre 2020

À l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, les hospitalisations pour Covid se sont multipliées dès la semaine du 26 octobre.

Les médecins pensaient pouvoir se contenter de transformer une ou deux salles de leur service en salles Covid, avec l’idée de répartir les patients de cette deuxième vague entre les services. Mais le nombre de patients à hospitaliser a tellement augmenté qu’il a fallu aller bien au-delà des prévisions.

Entre le 23 et le 30 octobre, la capacité des lits dédiés au Covid, réanimation et hospitalisation, a été doublée, passant de 109 à 202 lits. Les transformations de services continuent. Les lits des patients sortants sont bloqués et les patients restants sont transférés à un autre étage. Dès qu’une salle est ainsi libérée, elle se remplit de patients Covid. Parfois même, on n’attend pas et elle se remplit petit à petit de patients mis en isolement type « porteur d’une bactérie hautement résistante ». À charge au personnel de tout faire pour que les autres malades ne soient pas contaminés.

Les opérations non urgentes ont été en partie déprogrammées. Certaines consultations ferment totalement ou en partie, avec la mise en place de la téléconsultation.

Le service des Urgences a de nouveau installé une tente pour essayer de distinguer les patients Covid des non Covid. Les fameux lits d’aval, c’est-à-dire ceux réservés aux patients venant des Urgences dans un service donné, en Médecine interne par exemple, font maintenant défaut, car consacrés au Covid.

Ainsi, l’hôpital de semaine du service de neuro-oncologie a donc été transformé en lits d’aval pour les urgences non Covid. Les patients habituels de cet hôpital de semaine seront traités dans l’hôpital de jour du service, mais les places vont manquer, car celui-ci est déjà surchargé et le personnel n’a pas été recruté pour faire face à cette situation.

La plupart des services sont maintenant dans cette situation. Les patients habituellement traités vont l’être, mais soit dans d’autres structures, soit avec du retard. Les cadres échafaudent des plans pour inventer des endroits où installer des fauteuils d’hôpital de jour. Les patients viendraient la journée et repartiraient le soir, quitte à revenir le lendemain pour certains. L’hébergement dans les hôtels proches a même été envisagé.

Tout cela met encore une fois en évidence le manque de lits dans les hôpitaux. En 1991 il y avait 2 400 lits à la Pitié-Salpêtrière. Aujourd’hui, il y en a 1 600. La différence, ce sont autant de lits qui manquent pour accueillir les patients Covid en plus des autres, faisant perdre à tous des chances d’être bien soignés.

Correspondant LO