Rentrée universitaire : comme avant, le virus en plus

23 Septembre 2020

Pour près de trois millions d’étudiants, l’épidémie de coronavirus vient compliquer encore davantage la rentrée universitaire.

Toulouse, Montpellier, Rennes, Nantes, la liste des universités dans lesquelles sont signalés des cas de Covid-19 ne cesse de s’allonger. Mi-septembre, le ministère de l’Enseignement supérieur signalait plus d’une dizaine de foyers, sans que les établissements intéressés soient pour le moment totalement fermés, seuls les étudiants des classes concernées étaient invités à rester chez eux et à suivre les cours par Internet.

Face à l’aggravation de la situation sanitaire, le gouvernement accuse les jeunes de propager le virus par leur irresponsabilité. Les fêtes ou les soirées peuvent, certes, y avoir joué un rôle. Mais les amphithéâtres remplis au point de devoir s’asseoir sur les marches ou derrière l’enseignant, les cohues dans des couloirs noirs de monde, ainsi que le montrent nombre de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, soulignent la réalité : rien de sérieux n’a été fait pour enrayer la circulation du virus au sein des universités.

À cause de l’insuffisance générale des moyens, les amphis bondés et les classes surchargées y sont fréquents, pour ne pas dire la norme, depuis longtemps. Cette année, le nombre plus élevé de bacheliers a accru encore celui des nouveaux inscrits, déjà en constante augmentation depuis plusieurs années. Cette hausse, faute de construction de nouvelles facultés et d’embauches massives d’enseignants, vient aggraver d’autant la situation.

Celle-ci était donc prévisible, ainsi qu’il était prévisible qu’elle accentuerait la circulation du virus. Mais, comme dans les écoles, les collèges, les lycées et ailleurs, le gouvernement n’a rien prévu ou presque pour y répondre, si ce n’est la mise à disposition d’un peu de gel hydroalcoolique – et encore, pas partout – et l’obligation de porter un masque. Il s’est contenté de recommander aux directions universitaires de maintenir, là où c’était possible, un mètre de distance entre les étudiants, de laisser un siège vacant entre chacun d’entre eux ou encore d’organiser un sens de circulation dans les couloirs. En l’absence de locaux suffisamment spacieux pour accueillir tous les étudiants en respectant ces règles, cela ressemble à une sinistre farce.

Pour le gouvernement, l’essentiel est que les étudiants reviennent en cours. Les conditions dans lesquelles ils le font, et les risques qu’ils y prennent, il s’en lave les mains.

Jacques Le Gall