Mineurs de 1948 : 72 ans d’injustice23/09/20202020Journal/medias/journalnumero/images/2020/09/2721.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Leur société

Mineurs de 1948 : 72 ans d’injustice

Le tribunal des prud’hommes de Paris se réunira le 24 novembre afin d’examiner des demandes d’indemnisation de descendants de mineurs licenciés pour fait de grève en 1948. Soixante-douze ans après les faits !

Le fait que le droit de grève soit inscrit dans la Constitution ne pèse pas lourd face à la rancune tenace des autorités contre les mineurs qui avaient osé les défier dans l’après-guerre. La Cour de cassation avait refusé les demandes d’indemnisation pour « licenciements abusifs ». C’est seulement en 2014 que la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a fait reconnaître par l’État un préjudice évalué à 30 000 euros par gréviste ainsi que 5 000 euros par enfant. Mais pour que cette indemnisation soit versée, il était précisé que la demande devait être déposée par les mineurs licenciés eux-mêmes, ce qui excluait les descendants des nombreux mineurs décédés. Mettant fin à cette injustice le 18 septembre le Conseil constitutionnel a enfin reconnu le droit de tous les descendants de mineurs à bénéficier d’une indemnisation.

Cette mauvaise volonté évidente de l’appareil judiciaire est dans la continuité du déferlement de violences contre les mineurs et leurs proches, pendant et après les neuf semaines de la grève qui paralysa les mines à l’automne 1948.

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