Moyen-Orient : les dirigeants arabes contre les Palestiniens

23 Septembre 2020

Sous les lustres de la Maison Blanche, Trump présidait le 15 septembre à la signature des accords dits d’Abraham concrétisant la prétendue normalisation des rapports entre deux États du Golfe, les Émirats arabes unis (EAU) et, plus récemment, le royaume de Bahreïn, et l’État d’Israël.

Un mois après les souverains d’Abou Dhabi, ceux de Manama accourent à Washington toucher le coude de Netanyahou, le Premier ministre israélien, sous couvert de « faire avancer la paix au Moyen-Orient ». Sans même faire référence à une demande de suspension du projet d’annexion des colonies israéliennes en Cisjordanie, comme l’avaient fait ceux des EAU, les dirigeants bahreïnis ont tout bonnement enterré le plan Abdallah de 2002, signé par 22 États arabes sous l’égide du puissant voisin d’Arabie saoudite. Celui-ci conditionnait toute normalisation des rapports diplomatiques avec Israël à la création d’un État palestinien indépendant dans la bande de Gaza et en Cisjordanie avec Jérusalem-Est pour capitale.

La décision du petit royaume de Bahreïn, vraisemblablement prise sous l’œil bienveillant du puissant voisin saoudien, intervient dans le cadre d’un rapprochement régional pour faire face à l’Iran.

Dans tous les cas, l’hypocrisie qui préside aux rapports diplomatiques entre États n’a cessé de régner depuis la guerre de 1967, où la victoire d’Israël a consacré sa mainmise sur la population palestinienne et le vol des terres de celle-ci. D’un accord de paix à l’autre, les Palestiniens n’ont pu que se sentir trahis par leurs prétendus alliés à la tête des États arabes de la région. Plus directe a été l’attitude de l’Égypte du président Anouar el-Sadate en 1979, puis de la Jordanie du roi Hussein en 1994, dont les dirigeants ont les premiers signé un traité de paix avec Israël, sous l’égide de Washington. De fait, ces accords ont donné un blanc-seing à la politique agressive des gouvernements israéliens successifs, méprisant totalement les droits de la population palestinienne. Contre l’occupation, la population des territoires occupés n’a pu compter que sur elle-même, et c’est à coups de cailloux que les jeunes Palestiniens ont affronté l’armée israélienne.

Au fond, les choses sont ainsi claires. Les dirigeants des États arabes sont des ennemis du peuple palestinien, tout comme ils le sont de leur propre population pauvre et tout comme les dirigeants d’Israël. Les peuples du Moyen-Orient ne pourront s’émanciper qu’ensemble, en abattant tous ces régimes d’oppression, et en mettant en commun leurs richesses.

Viviane LAFONT