Les propositions de la CGT : comment “travailler moins pour travailler tous ?”

24 Juin 2020

Mardi 23 juin, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, était interviewé sur France Inter, où il a pu développer le point de vue de sa confédération à propos de l’actualité sociale, à la veille de la rencontre entre gouvernement, patronat et syndicats.

Le secrétaire de la CGT a tenu à répondre à la provocation de Macron qui, alors que le nombre de suppressions d’emplois, de licenciements et de fermetures d’usines explose, avait osé lancer : « Il faut travailler plus et produire plus ». Avec le slogan « Il faut travailler moins pour travailler tous », Philippe Martinez a défendu la baisse du temps de travail sans perte de salaire, pour offrir un emploi à ceux qui en sont privés. Malheureusement, il n’en reste pas là.

Le leader de la CGT, comme souvent, s’est transformé en donneur de leçons pour bien gérer le système capitaliste.

« Il faut un vaste plan d’investissement pour développer l’emploi et ne pas le supprimer… Ce serait une erreur de continuer à vendre nos bijoux de famille à des entreprises qui cherchent d’abord à récupérer un marché plutôt qu’avoir un plan stratégique. C’est valable pour Nokia, mais c’est valable pour des tas d’entreprises en France ».

Les dirigeants syndicaux appellent cela « être une force de proposition », mais c’est une posture et un jeu de dupes. Car il est certain que les grands groupes capitalistes ont une stratégie, très bien définie, exposée et défendue sans relâche. Il s’agit d’augmenter, par tous les moyens, leurs profits et les dividendes versés à leurs actionnaires, et de faire remonter le cours de leurs actions. Pour cela, il leur faut diminuer de façon drastique la part revenant à leurs salariés. Licenciements, fermetures d’usines, aggravation des conditions de travail et baisse des salaires sont leurs outils et leur plan dans celles qui ne ferment pas. Les patrons n’ont pas d’autre plan que d’étrangler les travailleurs, ils ne veulent ni ne peuvent en avoir d’autre.

Pour imposer la juste revendication « Travailler moins pour travailler tous », il faut d’abord que les travailleurs soient conscients que la question n’est pas de convaincre les gouvernants et les capitalistes, mais de les contraindre. La classe ouvrière a la force de le faire, si elle sait se mobiliser.

Paul SOREL