Inégalités : le grand écart

26 Décembre 2019

Selon un rapport de l’Insee paru le 19 décembre, 10 % des ménages détiennent près de la moitié du patrimoine total. « Les inégalités de patrimoine restent fortes en France », commentait à ce propos le journal patronal Les Échos. C’est peu dire.

Les 1 % les plus riches possèdent au moins 1 941 600 euros de patrimoine brut, quand les 10 % les plus modestes n’en possèdent que 3 800 au maximum. Pour ces derniers, avoir un patrimoine signifie seulement posséder sa résidence principale achetée à crédit sur des années, une voiture ou un livret de caisse d’épargne. Pour les plus riches, c’est tout autre chose. Leur patrimoine est constitué d’immeubles, d’actions cotées en Bourse, d’obligations et autres produits financiers, de terres, machines ou bâtiments, ce qu’on appelle le patrimoine professionnel. Sans surprise, l’Insee souligne que le patrimoine des 1 % les plus riches est composé surtout d’actifs financiers (34 % de leur patrimoine) et de patrimoine professionnel (28 % de l’ensemble).

Ce que possède cette très petite minorité de fortunés augmente de façon continue depuis la fin des années 1980. À l’opposé, de plus en plus de travailleurs, au chômage ou dont le salaire ou la retraite ne permettent pas de vivre, plongent dans la pauvreté au point de devoir recourir aux Restos du cœur pour se nourrir. Cette situation s’aggrave à tel point que ceux-ci viennent de lancer un nouvel appel aux dons. Pour la période 2018-2019, l’association a aidé 900 000 personnes, dont 80 % vivent avec moins de 513 euros par mois et ne possèdent aucun patrimoine, hormis une voiture qui a des dizaines de milliers de kilomètres au compteur.

L’enquête de l’Insee ne fait que confirmer ce qui saute aux yeux de tous dans les classes populaires : pendant qu’une petite minorité s’enrichit, l’immense majorité de la population, elle, s’appauvrit.

Aline RETESSE