Violences policières : encore un manifestant mutilé

27 Novembre 2019

Lors de la manifestation des gilets jaunes à Paris samedi 16 novembre, l’un d’entre eux a été grièvement blessé par un tir tendu de grenade lacrymogène. Immédiatement transporté aux Urgences puis opéré, il a perdu l’usage de son œil.

La vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux met clairement en évidence la violence gratuite de la police. Ce manifestant parlait tranquillement place d’Italie avec un secouriste bénévole, à l’écart de tout affrontement, quand la grenade l’a frappé. Cet intérimaire dans l’industrie automobile, père de quatre enfants, paye ainsi, après bien d’autres, la brutalité des forces de répression. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Valenciennes, où il habite, pour le soutenir et réclamer justice avec lui.

Depuis le début du mouvement il y a un an, au moins 2 500 manifestants ont été blessés, dont 24 ont été éborgnés et cinq ont eu la main arrachée. Il ne s’agit pas de simples bavures, comme voudrait le faire croire le ministre de l’Intérieur, qui comme d’habitude espère se dédouaner en annonçant qu’il a saisi l’IGPN.

Si les policiers blessent et mutilent, c’est parce qu’ils sont encouragés par leur ministre lui-même et par le préfet de police à faire preuve d’une brutalité sans limite. Dès le début du mouvement, Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, s’est employé à stigmatiser les manifestants. Au lendemain de la manifestation du 16 novembre il déclarait encore : « Ceux qui restent aujourd’hui, ce sont des gens qui n’ont comme seul moteur que la colère, la haine et la volonté d’en découdre. » Et il ajoutait : « On n’a pas vu des méchants flics agresser de gentils manifestants. On a vu des barbares. »

La terrible blessure infligée à un manifestant qui ne les menaçait en rien suffit à prouver que les barbares, ce sont les policiers et le ministre qui les lâche sur les manifestants.

Daniel MESCLA