La gauche et les retraites : la mémoire courte

27 Novembre 2019

À l’approche de la journée du 5 décembre, et alors qu’elle promet d’être massive, les confettis de la gauche tentent de se rappeler au bon souvenir de l’électorat populaire. Le PCF a même proposé un rendez vous le 11 décembre pour reconstituer l’union de la gauche en vue de défendre les retraites, voire plus si affinités électorales.

Les écologistes, la France insoumise de Mélenchon et jusqu’au Parti socialiste ont déjà promis d’être là. Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, vient même de déclarer qu’il n’y a « qu’un seul régime spécial à abolir : celui des grandes fortunes ». De quoi faire trembler les milliardaires !

Il suffisait pourtant d’écouter sur France Info le 26 novembre les déclarations de Jean-Marc Ayrault pour juger de celles de ses successeurs. L’ancien Premier ministre socialiste de Hollande rappelait qu’il avait réussi à faire passer sans vagues sa réforme des retraites. Il s’agissait alors d’un passage progressif et toujours en cours de 41,5 à 43 annuités et d’une augmentation des cotisations. Cette réforme était alors qualifiée par la CGT elle-même de pire coup contre les retraites, sans que cela soit suivi d’effet. À l’époque les députés du PCF avaient certes voté contre, mais les écologistes et la prétendue gauche du PS s’étaient contentés de s’abstenir.

Il faut aussi se souvenir du fait que, lors de ses passages au pouvoir, la gauche n’est jamais revenue sur les mauvais coups portés précédemment par la droite. Les partis qui l’ont portée au pouvoir et soutenue de leur vote, voire lui ont fourni des ministres, n’ont jamais exigé quoi que ce soit sur ce plan. On peut donc prévoir avec une certitude absolue que, si la gauche, quelle qu’en soit la forme, revient aux affaires, elle conservera tout ce qu’elle prétend combattre aujourd’hui.

Les coups portés par Macron sont les plus sévères, parce qu’ils sont les plus récents et s’ajoutent à la longue série d’attaques contre les retraites coproduites par l’ensemble des partis de gouvernement. On dit que c’est la dernière dent arrachée qui fait le plus souffrir. Mais ce n’est pas une raison pour croire sur parole les arracheurs de dents précédents.

Paul GALOIS