Intérim : toujours en hausse

27 Novembre 2019

Le travail en intérim ne cesse de progresser en France : en 2018, 2,7 millions de travailleurs ont eu ce type de contrat. Ce qui représentait l’équivalent de 577 548 emplois à temps plein en 2015 est passé à 783 533 emplois en 2018, soit une augmentation de 35 % en quatre ans.

Dans de nombreux secteurs de l’économie, les entreprises ont recours au travail intérimaire, et pas uniquement pour faire face à un surcroît temporaire d’activité comme le voudrait la loi. Par exemple, les patrons de la construction automobile font fonctionner leurs usines en permanence avec un grand nombre de travailleurs en intérim sur chaîne. Les missions d’une semaine qui s’enchaînent pendant des mois, renouvelées le vendredi pour le lundi, sont légion.

L’intérêt des capitalistes est d’avoir une partie de leur force de travail qui peut être mise à la porte du jour au lendemain sans formalités ; même pas celles qui ont été allégées par les lois travail et les ordonnances qui se sont empilées pour faciliter les licenciements des salariés en CDI et en baisser le prix pour les entreprises.

L’intérim se porte donc bien, mais les intérimaires ? Si pour certains travailler en intérim peut être un choix, eu égard à la prime de précarité de 10 % censée compenser l’absence de congés payés, beaucoup plus de travailleurs y sont contraints pour éviter de rester au chômage. La précarité, la mobilité contrainte et l’instabilité sont le lot quotidien des intérimaires, dont les trois quarts sont des ouvriers.

Le patronat en profite allègrement et l’on voit se multiplier les missions d’intérim d’une journée, d’une demi-journée voire de deux heures de travail. Les salariés qui y sont soumis multiplient les délais de carence, qui sont autant d’obstacles pour bénéficier d’indemnités de chômage décentes. La récente réforme de l’assurance chômage vise d’ailleurs les intérimaires, en durcissant considérablement les conditions d’indemnisation. À la satisfaction du patronat !

Lucien DÉTROIT