Inondations : les causes naturelles et les autres

27 Novembre 2019

Une fois de plus, des pluies diluviennes se sont abattues sur le Var et les Alpes-Maritimes, et une fois de plus elles ont entraîné des inondations catastrophiques, des morts, des disparus, des destructions. La télévision a montré des familles sinistrées devant leur maison inondée pour la cinquième fois en dix ans.

Venu sur les lieux, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a expliqué que, dans ces deux départements, les surfaces imperméabilisées ont doublé en quelques années. Le fait que les sols bétonnés n’absorbent plus les eaux pluviales, qui viennent alors grossir les rivières, est en effet l’une des explications des inondations et des catastrophes qu’elles entraînent. Il y en a d’autres, comme la trop faible dimension des évacuations, le mauvais entretien des cours d’eau, la taille des parcelles agricoles, la non-conformité des bâtiments construits en zone inondable et, bien entendu, la plus grande violence des précipitations. Tous ces points, sauf le dernier, et encore, sont du ressort de l’État, réputé organiser la vie sociale au mieux des intérêts collectifs.

Mais, en fait, c’est le règne du chacun-pour-soi. Chaque détenteur de capitaux construit ce qu’il veut, quasiment où il veut, pourvu que ça rapporte. Le bétonnage est du ressort de l’entreprise privée et de la recherche du profit individuel. Il n’y a aucun plan d’ensemble d’urbanisme, aucun plan à l’échelle géographique, qui est celle des inondations. De plus le gouvernement, loin de donner les moyens légaux et matériels d’anticiper les catastrophes en encadrant la construction, a simplifié et accéléré les affaires des promoteurs.

Pire même, l’État est en train de détruire la part d’organisation collective utile qu’il assurait : les pompiers, par exemple, sont en grève depuis des semaines contre le sous-effectif, les bas salaires, les menaces sur la retraite, le manque de moyens. Pour l’instant, Castaner ne leur a envoyé que des assignations devant les tribunaux pour fait de grève, tout en les félicitant pour leurs 2000 interventions en quelques jours lors de ces inondations. L’État a réduit drastiquement les moyens alloués aux communes, et donc leurs possibilités de prévenir les catastrophes. Il fait de même pour tous les échelons de collectivités locales et tous les services utiles pour prévenir les inondations, de la météo jusqu’à l’entretien des routes, des égouts et des cours d’eau.

Ce ne sont peut-être pas les possédants qui font pleuvoir, mais ce sont toujours les petites gens qui sont inondés. Et l’État, loin de contrecarrer le phénomène, l’amplifie.

Paul GALOIS