SNCF : vive la lutte des cheminots !

06 Novembre 2019

« Ici et là, des flammèches s’allument, qui se transforment aussitôt en boules de feu », remarque un syndicaliste UNSA pourtant loin d’être pyromane, à propos de la situation à la SNCF. Effectivement, coup sur coup, en trois semaines, plusieurs conflits ont éclaté dans le secteur ferroviaire.

Après le mouvement de droit de retrait des roulants suite à l’accident de TER dans les Ardennes, tout un secteur ouvrier des ateliers de maintenance TGV de Châtillon a cessé le travail, sans préavis. La direction a reculé en catastrophe et s’est engagée à ne prendre aucune sanction devant la paralysie du trafic TGV Atlantique et la menace de contagion.

Mais depuis le début de semaine, c’est au tour des cheminots du technicentre du Landy, au nord de Paris, d’arrêter le travail, là encore sans préavis, cette fois à l’échelle de l’ensemble des ateliers. Dans tous les cas, les assemblées sont nombreuses et les grévistes actifs.

Si la mobilisation concerne actuellement les ateliers TGV de la région parisienne, la température et la pression continuent de monter ailleurs. Il est vraisemblable que le 5 décem­bre sera un grand succès à la SNCF. Et ensuite ?

Alors que la direction de la CGT avait ignoré jusqu’à présent les mouvements de grève dans les ateliers, voire les avait dénigrés en interne dans certains secteurs, elle voudrait maintenant reprendre la main.

Laurent Brun, secrétaire fédéral, a indiqué qu’il se « dessine un appel de la CGT à une grève reconductible à partir du 5 décembre à la SNCF ». Et les militants CGT sont appelés à organiser dès la semaine du 4 novembre, des assemblées, sous forme de débrayages de 55 minutes, dans tous les ateliers de maintenance du pays, TGV, TER ou fret.

Farandou, le successeur de Pepy à la tête de la SNCF, ne s’en cache pas : il compte sur la collaboration des directions syndicales pour éviter l’embrasement. Interrogé par le Journal du Dimanche, il déclare : « Dans les deux mouvements récents, les organisations syndicales semblent avoir été débordées par la base. Je ne peux pas piloter une entreprise de 150 000 salariés, en direct avec chacune et chacun d’entre eux. J’ai besoin de travailler avec des syndicats représentatifs et de canaliser le dialogue social avec eux. »

Les directions syndicales se réjouissent donc d’être à nouveau courtisées en raison de mouvements démarrés sans elles. Mais l’intérêt des militants et de l’ensemble des cheminots est que les mouvements actuels et ceux à venir, en particulier à partir du 5 décembre, soient sous le contrôle des grévistes eux-mêmes.

Christian BERNAC