Études supérieures : la sélection sociale à l’œuvre

22 Mai 2019

Le 15 mai, les 898 000 jeunes qui aspirent à faire des études au-delà du bac ont reçu une réponse de la plateforme Parcoursup, mise en place depuis l’an dernier par le ministère de l’Éducation nationale.

La moitié d’entre eux n’ont reçu que des réponses négatives et se retrouvent sur des listes d’attente.

Parmi l’autre moitié, bien des jeunes ne sont pas admis à la formation qu’ils souhaitaient en priorité. De plus, 67 000 ont été victimes d’un bug : après avoir cru qu’ils étaient admis, ils ont appris quelques jours plus tard qu’en fait ils devaient patienter sur liste d’attente. Près d’un demi-million de jeunes vivent des jours, des semaines et des mois d’inquiétude et d’attente avant l’inscription en université ou dans une formation supérieure.

La plateforme Parcoursup n’est que la dernière en date des méthodes utilisées pour sélectionner ceux qui auront le droit de suivre des études supérieures et d’aspirer à un emploi dans le domaine de leur choix. Quelle que soit la méthode, il refuse de mettre les moyens nécessaires pour permettre à chacun d’accéder à une éducation satisfaisante. Et cela tout au long du parcours scolaire.

Dans cette société, les enfants des classes populaires sont négligés. Ils s’entassent dans des classes surchargées tout au long de leur scolarité. Même lorsqu’ils arrivent au baccalauréat et au seuil de l’université, le droit de suivre des études leur est contesté. L’État ne construit pas assez de facultés et ne recrute pas assez d’enseignants. Au contraire il veut écarter les étudiants non issus d’une famille aisée : les frais d’inscription pour les étrangers non-européens viennent d’être multipliés par dix. Il est à craindre que cette mesure injuste n’en inspire d’autres.

L’éducation, primaire, secondaire ou supérieure, ne fait que reproduire les inégalités de cette société où la bourgeoisie jouit de tous les privilèges, au détriment de la majorité de la population. Pour révolutionner la première, il faudra renverser la seconde.

Lucien DÉTROIT