Sintertech – Grenoble : 300 familles menacées

03 Avril 2019

Mercredi 26 mars, de nombreux travailleurs de Sintertech se sont rassemblés, à l’appel de la CGT, devant le tribunal de Grenoble qui devait se prononcer sur la mise en liquidation judiciaire de cette entreprise, qui fabrique des pièces frittées pour l’industrie automobile (PSA, Renault, équipementiers).

Avec les salariés des deux usines de l’agglomération grenobloise, Pont-de-Claix et Veurey (environ 200 au total), et celle d’Oloron-Sainte-Marie dans les Pyrénées-Atlantiques, ce sont près de 300 familles qui voient leur horizon s’obscurcir.

C’est sous les huées que le patron Thierry Morin est entré au tribunal. Cet homme d’affaires, actionnaire de TMC et ex-PDG de Valéo, a repris l’entreprise en 2013, cédée pour un euro symbolique par le groupe américain Federal Mogul qui s’en débarrassait comme d’une vieille chaussette.

Lors de cette transaction entre rapaces, seuls les travailleurs ont fait d’énormes sacrifices avec, entre autres, plus d’un quart des emplois sacrifiés et la moitié des jours de RTT supprimés.

Fin 2018, le chiffre d’affaires était en hausse de 9 %. Mais, en ce début 2019, la direction invoque de graves difficultés liées à la crise du diesel et la baisse des commandes. Comme si Sintertech n’avait pas prévu et ne pouvait pas se reconvertir ! Les syndicats pointent une mauvaise gestion. Mais les magouilles patronales sont tellement opaques qu’il est bien difficile de connaître vraiment les plans de la direction. En revanche, il est prévisible qu’encore une fois la facture sera présentée d’une manière ou d’une autre à ceux qui ont trimé pour remplir les poches de Morin.

« Morin vaut rien » ou « Morin dégage », disaient des panneaux des manifestants. Les travailleurs comptent se faire entendre.

Correspondant LO