Lacoste – Troyes : le changement d’horaire ne passe pas

03 Avril 2019

Vendredi 29 mars, des dizaines de grévistes de Lacoste se sont rassemblés à la sortie du site, dit historique, près du centre-ville de Troyes. Pendant plus d’une semaine, les ouvrières ont débrayé à plusieurs reprises pour empêcher la direction de supprimer les horaires variables dans les deux ateliers de Troyes.

Ces horaires sont appliqués depuis plus de quarante ans dans l’entreprise. Ce 29 mars, ouvrières et bonnetiers du site, mais aussi de l’atelier de la rue de Verdun, se sont mobilisés à nouveau, à l’appel de la CGT et de la CFDT. Le changement d’horaire concernerait 200 opératrices des deux ateliers de confection et coupe, monitrices, mécanos et magasiniers, sur les 700 salariés qui travaillent dans les ateliers, bureaux, magasins et entrepôts de Troyes.

La direction prétend en finir avec le manque à gagner que représenterait l’horaire variable. Elle veut effectuer la même production, en réduisant le temps pendant lequel les groupes de travail fabriquent les polos. Dans cette entreprise où l’encadrement est majoritairement masculin et où les femmes sont polyvalentes, à la fois couseuses et piqueuses, qu’importe que cette mesure pourrisse la vie quotidienne des familles, pour tous ceux à qui l’horaire variable permet de s’organiser, par exemple de déposer ou récupérer les enfants à l’école. Commencer le travail plus tard obligerait aussi à le quitter plus tard, y compris l’été, et à passer davantage de temps dans des ateliers surchauffés.

Pour ces différentes raisons, 72 % des salariés ont répondu dans le questionnaire qu’ils sont contre ce changement. Les syndicats unanimes (CGT, CFDT, UNSA) ont aussi voté contre au CE et au CHSCT. Mais Lacoste persiste.

Avec 28 plans de licenciements (dont 27 par Devanlay), Devanlay-Lacoste n’a eu de cesse de multiplier ses profits en revendant usines et marques (comme Scandale, Jill), se servant même parfois d’un patron comme Pacreau, qui a mis en faillite les usines de Bar-sur-Seine et Chaource peu après les avoir achetées. L’an dernier, ce sont les quatre ateliers de la Marne et de la Haute-Marne qui ont été fermés.

Bien évidemment, les ouvrières qui avaient accepté leur mutation à Troyes n’avaient pas été prévenues qu’elles seraient astreintes aux horaires fixes, en plus des deux ou trois heures de déplacement quotidien. Mais cela n’empêche pas la marque au crocodile de prétendre dans les médias que l’entreprise crée des emplois !

Toujours pour augmenter la rentabilité, Lacoste a aggravé encore la flexibilité du temps de travail et récupéré le temps de pause en 2017. En rassemblant à Troyes le made in France, en produisant des polos customisés, des petites séries, et aujourd’hui le bio, Lacoste augmente la charge de travail des ouvrières au profit des richissimes actionnaires du groupe des frères Maus. C’est sans compter sur le refus des ouvrières de subir maintenant des horaires fixes.

Correspondant LO