Infirmerie protestante de Lyon : les travailleurs en colère

03 Avril 2019

À partir du 19 mars et pendant une semaine, les salariés de l’Infirmerie protestante de Lyon, une clinique privée à but non lucratif, se sont mis en grève. Ils n’ont pas accepté l’accord salarial signé entre la direction et les syndicats n’accordant que 3 % d’augmentation des salaires.

Comme pour bien d’autres salariés, les salaires de la clinique sont loin d’avoir suivi la hausse du coût de la vie et les grévistes ont estimé à 15 % d’augmentation le rattrapage nécessaire. Suivant l’exemple des infirmières des blocs opératoires qui venaient juste d’obtenir une prime de plus de 100 euros après une grève courte et très suivie, le reste des salariés se sont dit : pourquoi pas nous ?

Toutes catégories confondues, ces travailleurs se sont retrouvés à plus de 150 tous les jours devant la clinique pour crier leur colère, recevant l’appui des patients et des habitants du quartier. Ils ont réussi à faire fermer les blocs opératoires, malgré les réquisitions du préfet, faisant perdre de l’argent à la clinique, et ils ont résisté au chantage de la direction qui les menaçait de licenciement.

En une semaine de lutte, avec les représentants désignés parmi eux pour négocier, ils ont réussi à obtenir bien plus qu’en dix ans de négociations programmées. Après avoir refusé dans un premier temps une prime de 100 euros brut, ils ont finalement obtenu une augmentation des salaires entre 8,3 et 8,5 %, qui représente de 100 à 130 euros net par mois.

La direction craignait la mauvaise publicité de la grève pour son image de marque et la venue des certificateurs du ministère de la Santé. Avec cette grève, les agents se sont sentis plus soudés et plus solidaires, ils ont appris la force du collectif et la direction devra désormais en tenir compte.

Correspondant LO