Fonction publique : démolition, en marche toute !

03 Avril 2019

Le ministre de l’Action et des comptes publics Darmanin a présenté mercredi 27 mars au Conseil des ministres un projet de loi intitulée « transformation de la fonction publique ». Il constitue une nouvelle attaque massive contre tous les travailleurs de la fonction publique, et aussi contre l’ensemble des classes populaires.

L’objectif principal est d’appliquer le plan de suppression de 120 000 postes d’ici 2022. La veille, le ministre avait d’ailleurs déjà annoncé la couleur. En clair, l’État, tel un DRH, doit être un démolisseur des conditions de travail, autant que n’importe quel grand patron du privé.

Le projet de loi prévoit ainsi de faciliter encore plus le recrutement de contractuels, c’est-à-dire de travailleurs embauchés avec un contrat de droit privé, qui représentent pourtant déjà plus de 20 % des salariés de la fonction publique. De plus, tout comme les contrats de mission dans le secteur privé, un contrat de projet est créé, sorte de CDD lié à une mission précise, pour une durée maximale de six ans mais pouvant être rompu à tout moment.

Quant à la rémunération, de nombreuses mesures favorisent l’augmentation individuelle au mérite, donc selon le bon plaisir de la hiérarchie. C’est d’autant plus révoltant que le point d’indice qui détermine l’augmentation générale des salaires est, lui, gelé depuis des années.

Cyniquement, le gouvernement prétend augmenter les possibilités de mutation et de mobilité des salariés dans l’administration ou dans le privé mais, à l’heure des restructurations brutales et des fermetures de services, cela facilitera surtout la réalisation de ce plan de massacre de l’emploi. Par exemple, un dispositif de rupture conventionnelle est mis en place, déjà largement utilisé dans le privé, qui masque bien souvent un licenciement. Par ailleurs, en cas de privatisation du service, la direction pourra détacher d’office le fonctionnaire en CDI dans l’entreprise ayant repris l’activité, sans demander son avis.

Toutes ces mesures ne sont pas seulement des attaques contre les travailleurs du public. En effet ces 120 000 suppressions de postes signifient moins de travailleurs dans les hôpitaux, moins d’adultes dans les établissements scolaires, moins de transports en commun…

Les travailleurs et les catégories populaires les plus pauvres, qui utilisent le plus ces services, seront les premiers touchés. Sans compter que tous ces postes supprimés seront autant d’emplois en moins pour les travailleurs au chômage et pour tous les jeunes qui arriveront sur le marché du travail.

Cet argent volé aux travailleurs de la fonction publique et aux usagers des services publics finira, comme toujours, dans les poches du grand patronat et des banques, sous la forme d’aides, de subventions et de remboursements de prêts.

Les travailleurs du public et ceux du privé, qui ont subi le même type d’attaques avec les ordonnances Macron en 2017, ont bien les mêmes ennemis : les capitalistes et les gouvernements à leur service. C’est ensemble qu’ils seront plus forts pour riposter.

Arnaud LOUVET