Japon : quand la prison est un refuge

17 Janvier 2019

« La prison est une oasis pour moi. J’ai perdu ma liberté mais je n’ai plus à m’occuper de rien. Je peux parler avec d’autres détenues, je mange trois fois par jour. » Ainsi s’exprime une détenue de 78 ans, dans un reportage consacré par Le Monde à la situation dramatique des retraités japonais.

Un quart de la population du Japon a plus de 65 ans et la délinquance de cette tranche d’âge s’est beaucoup accrue. En moins de vingt ans, les retraités sont passés d’un peu moins de 6 % à plus de 21 % des personnes arrêtées, le plus souvent pour de petits vols, entre autres de produits alimentaires.

Le plus pathétique est que ces arrestations découlent d’un choix délibéré de leur part. La prison est, pour ces hommes et surtout ces femmes quasiment sans ressources, une protection contre la solitude, le seul moyen d’obtenir d’être nourri, chauffé, soigné.

Tout un symbole de ce que peut offrir un des pays capitalistes les plus développés au monde.

Sylvie MARÉCHAL