Hôpitaux psychiatriques : pour le maintien des horaires et des repos

12 Septembre 2018

Dans les hôpitaux psychiatriques parisiens, le projet publié par la direction en juin dernier réduirait à 7 h 30 l’horaire journalier pour supprimer des RTT et reviendrait sur certains jours de congés, soit au total une dizaine de jours de repos en moins par an.

Le prétexte avancé est d’harmoniser les trois établissements, Sainte-Anne, Maison-Blanche et Perray-Vaucluse, qui seront regroupés au sein d’un groupement hospitalier universitaire (GHU) à partir de janvier 2019.

Mardi 11 septembre, l’assemblée des trois établissements a rassemblé 150 personnes. En apprenant que le directeur avait réaffirmé qu’il ne bougerait pas de sa ligne rouge, la réduction de l’horaire à 7 h 30, plusieurs participants se sont inquiétés que la revendication de maintien des horaires soit abandonnée par les responsables syndicaux. « On ne va pas faire le deuil de nos horaires, il faut dire au directeur qu’on n’accepte pas les 7 h 30 ! » a dit l’une, « Il ne faut pas lâcher sur nos horaires sous prétexte de gratter quelques à-côtés » a dit un autre. Forte de son expérience de lutte collective contre la fermeture d’un service d’une structure à Neuilly-sur-Marne, une intervenante a affirmé : « Une ligne rouge est faite pour être franchie ! », suscitant les applaudissements. La reconduction du préavis de grève et l’organisation d’une action prochaine ont été approuvées à main levée. La préoccupation générale de l’assistance était de trouver comment continuer le mouvement.

La veille, l’assemblée générale s’était transformée en cortège de 200 personnes jusque dans la salle où se déroulait la discussion direction-syndicats. Comme le directeur avait déclaré le matin : « Pour aller au-delà des 7 h 30, il faudra me faire démissionner, j’en fais une affaire personnelle », tout le monde criait : « Chassaniol démission, on préfère nos RTT ».

Cela faisait suite au succès du jeudi 6 septembre, journée de grève et de manifestation des établissements du GHU en gestation. Selon les chiffres de la direction centrale, il y aurait eu 1 063 grévistes dont 255 réquisitionnés, soit 37 % de l’effectif de ce jour-là, sur un total de 5 500. À près d’un millier, le cortège était dynamique et fraternel, chantant en chœur : « On est là, même si vous le voulez pas, on est là pour la défense des repos et l’avenir de nos hostos ! » Dans le cortège, il y avait beaucoup de blouses blanches décorées de slogans et de dessins, ainsi que de pancartes et banderoles écrites à la main exprimant le ras-le-bol général : « Soignants surmenés, patients en danger », « Non à l’usine à soins », « De l’humain pour les soins », etc.

En ce début septembre, ces journées réactivent la mobilisation amorcée en juin. Des assemblées réunissant jusqu’à 250 participants s’étaient tenues, calées sur les prétendues négociations fixées par la direction. La mobilisation s’était ensuite poursuivie sous forme de banderoles faites et accrochées par les équipes de tous les lieux de soins dispersés dans Paris. Photos et informations avaient continué à circuler pendant l’été, même de la part de ceux qui étaient en vacances, notamment sur la page Facebook collective « La psychiatrie parisienne unifiée (PPU) ». Soutien et nouvelles s’échangeaient avec les autres hôpitaux psychiatriques mobilisés, d’Amiens, de Rouen, du Havre, qui sont venus en renfort à une cinquantaine à la manifestation parisienne du 6 septembre.

De son côté, la direction continue sa propagande contre ce qu’elle nomme « les idées reçues ». Le 4 septembre, elle a organisé une réunion de cadres supérieurs pour les dissuader de soutenir la journée du 6, en leur faisant miroiter un traitement de faveur pour leurs RTT. Mais cela ne marche qu’à moitié. Tandis que certains cadres ont réquisitionné des grévistes au-delà de l’effectif habituel, d’autres continuent à se sentir malmenés par le projet de la direction et donc du côté de la mobilisation, de même que quelques médecins.

Il est évident que la direction veut augmenter les jours travaillés pour masquer la centaine de postes perdus depuis 2014 ainsi que la centaine de postes vacants faute d’embauche. C’est un enjeu qui concerne tous les hôpitaux, leurs travailleurs comme leurs patients, et au-delà, la société elle-même.

Correspondant LO