Martinique : des moyens pour la santé !

13 Juin 2018

En Martinique, les 11, 12 et 13 juin ont été marqués par des grèves et manifestations exigeant les moyens indispensables à la santé publique. Lundi 11 à 8 heures, pour montrer leur adhésion à la mobilisation, environ 300 agents du CHUM (Centre hospitalier universitaire de la Martinique) sont sortis du site de PZQ (Pierre Zobda Quitmann) et de celui de la MFME (Maison de la femme, de la mère et de l’enfant).

La mobilisation a lieu à l’initiative du collectif CHUM Douvan Douvan, regroupant des médecins, des cadres supérieurs, des agents hospitaliers non médicaux, des représentants d’associations de malades, des organisations syndicales et de l’association Sauvons la santé en Martinique. Les organisations syndicales, CGTM et CDMT ont appelé à une grève intersectorielle reconductible à partir du mardi 12 juin. Le mouvement est également relayé par l’association des maires qui a appelé les élus, les salariés et la population à rejoindre la manifestation du 12 juin à Fort-de-France. L’intersyndicale des transporteurs de matières dangereuses a elle aussi adressé un communiqué à la presse pour faire part de son soutien au mouvement « pour l’équité des soins avec le reste du territoire national ».

Depuis des mois, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et le gouvernement Philippe restent muets face aux difficultés de fonctionnement du CHUM. Ces difficultés sont dues en grande partie au manque de moyens chronique dérivant de la politique gouvernementale orientée vers les cadeaux aux plus riches.

Suite à la dernière rencontre qu’ils ont eue au ministère de la Santé le 16 mai dernier, les membres du collectif CHUM Douvan Douvan annonçaient que « l’essentiel des revendications n’a pas été satisfait ». Il faut une trésorerie d’au moins 50 millions d’euros pour le paiement des fournisseurs, l’achat de petit matériel quotidien et pour une prise en charge correcte des usagers. De façon extrêmement méprisante, tant vis-à-vis des agents et du corps médical qui s’épuisent dans des conditions de travail lamentables, que vis-à-vis des patients qui ne bénéficient plus de prises en charge correctes, le gouvernement laisse la situation pourrir.

Le collectif et les syndicats réclament notamment une aide immédiate pour « assurer la dignité des conditions d’accueil et les investissements indispensables pour la mise en œuvre du projet d’établissement ». Ils réclament aussi la prise en compte pérenne des « surcoûts venant de l’éloignement géographique » (7 000 km) des laboratoires pharmaceutiques ou autres entreprises vendant des appareils médicaux et du matériel. Ces surcoûts, évalués à plusieurs dizaines de millions d’euros, s’ajoutent chaque année aux déficits budgétaires venant du mode de financement des hôpitaux publics en fonction de leur activité (tarification à l’activité) comme en France hexagonale. Ils plombent un peu plus les budgets des hôpitaux de Martinique et des DOM en général.

L’heure est à la mobilisation pour obtenir satisfaction sur ces revendications essentielles. Lundi 11 juin, les salariés devaient sortir de leur entreprise à 8 heures durant un quart d’heure, avec au même moment un concert de klaxons et de sirènes. Mardi 12 juin, jour de la grève intersectorielle, un rassemblement était prévu devant la Maison des syndicats, suivi d’une manifestation et d’un sitting devant la préfecture. Et mercredi 13 juin, les maires annonçaient une opération « ville morte » dans les communes.

Ces journées de grève et de mobilisations ne suffiront pas, à elles seules, à contraindre ce gouvernement au service des riches à modifier sa politique y compris sur les problèmes de santé publique. Il faudra les renouveler et amplifier encore des manifestations de ce type pour que la force des travailleurs se déploie. Néanmoins, ces derniers auront montré qu’ils sont décidés à se faire entendre et qu’ils exigent, avec toute la population, le respect et des moyens pour la santé publique.

Combat ouvrier (Antilles – UCI) a appelé ses militants et sympathisants à participer aux mobilisations pour exiger des moyens pour les hôpitaux et la santé en général. Il a invité l’ensemble des travailleurs à se saisir de ces mobilisations pour mettre en avant leurs propres revendications dans les entreprises et pour faire de cette grève un succès.

Marianne TIBUS