Hébergement d’urgence : non à la traque des migrants !

13 Décembre 2017

Vendredi 8 octobre, une quinzaine d’associations en charge de l’hébergement d’urgence, dont Emmaüs, Médecins du Monde, le Secours catholique… ont claqué la porte de la réunion avec le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

L’État met en place un recensement de la population des centres d’hébergement d’urgence afin d’en expulser les migrants et de les envoyer en centre de rétention.

Face à la montée de la grande pauvreté la situation de l’hébergement d’urgence est catastrophique. Le Samu social de Paris indique que, il y a deux ans, il pouvait encore répondre à 80 % des demandes. Mais face à l’afflux cette année, il ne peut le faire que pour 20 % des demandes. Et selon son estimation, 500 enfants dorment chaque nuit dans la rue à Paris.

Macron a fait des déclarations sur l’augmentation nécessaire du nombre de places en logements d’urgence et même sur l’accès à un vrai logement pour les plus démunis, mais ce n’est que poudre aux yeux. Et il est plus facile de faire de la démagogie antimigrants en expulsant les demandeurs d’asile.

En Île-de-France, les préfectures ont déjà commencé à envoyer des équipes mobiles constituées d’agents de l’Office français de l’immigration et d’agents des préfectures afin d’entreprendre un premier tri parmi les migrants.

La seule conséquence de cette politique, si elle se généralise, sera de pousser les demandeurs d’asile à dormir dans la rue en plein hiver plutôt que de chercher un foyer d’hébergement, par crainte d’y être arrêtés.

Les associations gestionnaires des foyers ont fait savoir qu’elles ne seraient pas complices de cette politique. Cela au nom de l’idée humaine toute simple que toute personne dans la détresse doit être accueillie. Elles ont aussi annoncé qu’elles refuseraient de servir d’informateurs à la police en fournissant des listes d’hébergés.

Des logements d’urgence et des logements décents doivent être mis en place et construits pour tous ceux qui en ont besoin, quelles que soient leurs origines, qu’ils aient des papiers ou pas.

Antoine FERRER