Centrafrique : mise en scène électorale

16 Décembre 2015

En République centrafricaine, un référendum sur la réforme de la Constitution s’est déroulé dimanche 13 décembre. Il précédait la tenue des élections présidentielles et législatives dont le premier tour est prévu pour le 27 décembre. Mais les violences auxquelles on a assisté suffisent à montrer que ce scrutin, plusieurs fois repoussé, est en décalage complet avec la situation dans le pays.

La tenue d’élections avant la fin de l’année 2015 répond avant tout à un plan de l’Élysée. L’actuelle présidente, Catherine Samba-Panza, a été élue en janvier 2014 par une assemblée parlementaire, le Conseil national de transition. Son mandat doit s’achever avec l’élection d’un véritable président élu au suffrage universel. Et plus vite celle-ci aura lieu, plus vite Hollande pourra dire que l’intervention militaire en Centrafrique a été un succès. Tel est le scénario de la transition que le gouvernement français applique aux pays africains où son armée intervient. Au Mali, cela a abouti à l’élection d’Ibrahim Boubacar Keita sans pour autant pacifier le pays, et Hollande renouvelle aujourd’hui l’opération en Centrafrique, dans des conditions encore plus douteuses.

Dans ce pays, l’insécurité règne, et cela a été prouvé le jour même des élections. Des hommes armés ont ouvert le feu sur la foule dans un bureau de vote du quartier musulman du PK5 à Bangui, la capitale. En province, des urnes ont été brûlées. Les hommes des fractions armées ont empêché le vote, qu’il s’agisse de groupes issus de la Séléka ou des anti-balakas, ces milices musulmanes ou chrétiennes qui dominent de vastes zones malgré la présence de 900 soldats français et de 12 000 soldats de l’ONU.

Mais l’important pour Hollande est de pouvoir dire qu’il y a un président élu et légitime, même si celui-ci n’a aucun pouvoir réel et est bien incapable de satisfaire les besoins de la population ni d’assurer sa sécurité.

D.M.