Remaniement ministériel : ça ou rien c'est la même chose

27 Juin 2009

Sarkozy n'ayant vraiment pas réussi à créer l'événement avec son discours de Versailles le 22 juin, on est vite passé à un autre sujet avec le remaniement ministériel et l'annonce du gouvernement Fillon dit IV. On assiste au traditionnel jeu de chaises... ministérielles et chacun tente de comprendre le sens caché de la liste des sortants et des entrants, et des nouvelles affectations.

Dans sa pêche au gros poisson à gauche, Sarkozy n'aura ramené dans ses filets que F. Mitterrand (F. pour Frédéric), déjà bien en cour puisqu'il avait été nommé à Rome comme directeur de la Villa Médicis. Il devient ministre de la Culture. Sinon - c'est peut-être du gros mais de droite - Sarkozy a attiré dans ses filets Michel Mercier, sénateur centriste, trésorier du Modem et futur ex-ami de Bayrou...

Les deux Christine, Boutin au Logement et Albanel à la Culture, ont été remerciées ainsi que Yves Jégo, qui rappelle peut-être trop à Sarkozy la grève générale victorieuse aux Antilles et qu'il ne tenait sans doute pas à amener avec lui dans son prochain voyage. Il est remplacé par une Guadeloupéenne, Marie-Luce Penchard. Enfin l'encombrant secrétariat d'État aux Droits de l'Homme est supprimé et sa titulaire Rama Yade mise à la porte, ou plutôt à la place de Laporte, aux Sports.

Sinon, jouant des ambitions marquées ou plus discrètes des uns et des autres, Sarkozy a mis Alliot-Marie à la Justice et Hortefeux à l'Intérieur. À l'Éducation, autre poste sensible, Luc Chatel remplace Xavier Darcos qui part au ministère du Travail mais a pris la peine, avant son départ, de confirmer 16 000 suppressions de postes à l'Éducation nationale l'année prochaine. Ça augure mal de son nouveau poste !

En tout cas sous Sarkozy, que l'on s'appelle Alliot-Marie, Darcos ou Hortefeux, quand, dans un ministère, on a fait le sale travail demandé, on est assuré de pouvoir changer assez vite pour démontrer de nouveau ses talents à un autre poste. Car évidemment ce gouvernement remanié ne changera pas d'orientation et poursuivra les attaques tous azimuts qui tiennent lieu de politique à Sarkozy.

Cédric DUVAL