Hôpital public : médecins urgentistes en grève

03 Décembre 2008

Les médecins urgentistes sont en grève. Ils dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, le personnel soignant en sous-effectif, les fermetures de services, bref « l'étranglement financier de l'hôpital public » et les conséquences pour la sécurité des malades.

Cette situation dramatique des services d'urgence n'est pas une nouveauté. On se souvient de la canicule de l'été 2003, des Urgences saturées, des couloirs encombrés de brancards où gisaient des vieillards, des personnels exténués, du manque criant de tout moyen. On nous disait alors que c'était lié à une situation climatique et sanitaire exceptionnelle et que tout allait être fait pour ne jamais revivre une telle situation.

Résultat, quatre ans et demi plus tard, et en dehors de toute situation sanitaire exceptionnelle, quiconque doit se rendre aux Urgences sait qu'il va vraisemblablement devoir attendre des heures avant d'être pris en charge, dans un service surchargé où le personnel soignant est débordé. C'est que depuis, d'année en année, de plan en plan, les gouvernements y sont allés de leurs déclarations sur l'air de « Nous devons tirer les leçons de ce qui s'est passé en août 2003... », mais ils ont oeuvré à la même politique d'économies, de suppressions de postes et de fermetures de lits qu'avaient entamée leurs prédécesseurs.

Et la situation ne va pas s'arranger. La loi Bachelot sur les hôpitaux qui se met en place prévoit des « gains de productivité », décide la « rationalisation », c'est-à-dire, une fois de plus, des économies de fonctionnement et des suppressions de postes dans les hôpitaux publics ; 20 000 emplois devraient ainsi être supprimés dans l'année qui vient.

Dans les services d'urgence, les médecins ont entamé une grève « symbolique », leurs blouses portent la mention « Médecin urgentiste en grève » mais ils continuent à assurer les soins. Ils dénoncent les semaines de travail de plus de 50 heures en moyenne, alors que leur salaire reste bloqué à 39 heures. Ils protestent contre les difficultés croissantes, les infirmières et tout le personnel soignant en sous-effectif, l'activité qui explose alors que les moyens ne suivent pas...

On ne peut qu'espérer que leur colère fera tache d'huile jusqu'à entraîner l'ensemble des personnels. Ce serait le seul moyen pour stopper cette politique qui fait courir des risques à toute la population, pour réaliser des milliards d'économies au détriment de la Santé.

Sophie GARGAN