Freescale - Toulouse : la crise a bon dos

03 Décembre 2008

L'entreprise Freescale (production de semi-conducteurs) compte encore 1 700 salariés à Toulouse, après avoir regroupé jusqu'à 2 500 salariés lors¬qu'elle s'appelait Motorola. Elle a été vendue, puis a fait l'objet d'une LBO, cette manipulation boursière qui permet de racheter à crédit, en pariant sur les bénéfices à venir pour rembourser les traites.

C'est cette même technique qui est aujourd'hui montrée du doigt comme étant une des responsables de la crise. Cela n'empêche pas la direction actuelle de prendre argument de la crise pour justifier un nouveau plan de licenciements, alors qu'il y a un an 110 emplois ont été supprimés. Et quand le grand patron restructure le groupe Freescale, il n'y va pas avec le dos de la cuillère : 170 suppressions d'emplois, auxquelles il faut ajouter la « séparation » de CPG, un service de 250 salariés spécialisé dans la téléphonie.

Le personnel de production va être réduit massivement. Les licenciements concernent 110 postes sur environ 700. Cela va se traduire par des conditions de travail dégradées pour ceux qui resteront. D'abord, certaines des tâches sont incompressibles et restent les mêmes quel que soit le niveau de production. Ensuite, l'entreprise a toujours connu des hauts et des bas et, quand la production remontera, ce sera aux présents d'assurer la production, coûte que coûte.

Pour mener son plan à son terme, la direction fait un chantage. Soit on est volontaire, et on a droit à des conditions de départ améliorées, doublement des indemnités légales et prime de départ ; soit on n'est pas volontaire, et on n'a droit qu'aux indemnités légales.

Certes, l'ambiance de travail est tellement dégradée que bien des salariés rêvent de partir. II y aura des candidats en production, près de l'âge de la retraite, qui sont fatigués de tant d'années d'exploitation, et cela se comprend aisément. Mais il n'y en aura pas 170. Et ces départs ne concerneront pas que des préretraités.

La crise a bon dos. Freescale fait et a fait des profits grâce au travail de ceux qui sont menacés aujourd'hui dans leur emploi. Et si les patrons se justifient en disant qu'ils sont dans une mauvaise passe, il n'y a aucune raison de les croire sur parole. Et de toute façon ce n'est pas aux travailleurs de payer la note. Les profits présents ou passés peuvent servir à cela.

Correspondant LO