RN : candidat à protéger les patrons

17 Janvier 2024

Interrogé sur RMC et BFM le 15 janvier, le « Monsieur Économie » du parti d’extrême droite, Jean-Philippe Tanguy, député de la Somme, a plaidé pour le dépassement de la lutte de classe.

À la journaliste qui faisait mine de s’étonner d’un double discours, à la fois pour les ouvriers et les patrons, il s’est empressé de répondre que son parti n’avait jamais opposé les deux.

Le député, membre de la commission des finances de l’Assemblée et chargé de rédiger le programme économique du RN, ajoute ainsi sa version de la collaboration de classe à celles, nombreuses et peu variées, des politiciens de droite comme de gauche qui vantent les vertus du patriotisme économique. Une fois la lutte de classe annulée, Tanguy a cependant ajouté un petit mot sur les « abus d’une certaine oligarchie » et les multinationales qui, par les rachats d’actions, « effacent de la valeur ».

L’envolée de Tanguy contre le parasitisme et « la folie d’un certain capitalisme » ne l’a pas mené vers un radicalisme débridé. Sa solution est de « remettre l’église au milieu du village », référence à un monde prétendument idyllique – en tout cas bien catholique ! – où l’ouvrier méritant serait récompensé tout comme son patron, « entrepreneur à l’éthique du travail et qui investit en France ».

Le grand patronat, qui sait lire derrière les déclarations démagogiques et les lignes des programmes, aura bien saisi le message de Tanguy, l’assurant qu’un futur gouvernement RN sera tout prêt à jouer le rôle attendu : celui de serviteur fidèle.

Nadia CANTALE