Chômage : fausse baisse, vrais mensonges

04 Mai 2022

Les derniers chiffres du chômage font état d’une baisse de 5 % au premier trimestre 2022 pour la catégorie A, celle qui comptabilise les chômeurs sans aucune activité, qui seraient désormais 3,19 millions.

La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a immédiatement réagi pour s’en féliciter, et reprendre la propagande de Macron lors de sa campagne électorale : l’objectif pour les cinq prochaines années serait le plein emploi.

En réalité, c’est surtout la catégorie A qui baisse, mais le nombre de chômeurs comptabilisés dans les catégories B et C concernant ceux qui ont travaillé à temps partiel, parfois même seulement quelques heures dans le mois, a augmenté. Les statistiques officielles témoignent en fait d’une forte augmentation du nombre de travailleurs à temps partiel, en CDD ou en intérim, en situation précaire.

Le nombre de chômeurs de moins de 25 ans a particulièrement diminué, de 10,8 % au premier trimestre, et de 25,4 % en un an. Une bonne partie de ces jeunes ont été recrutés comme apprentis, ce qui est devenu presque gratuit pour les patrons, grâce aux aides massives de l’État depuis l’été 2020. Mais pour les jeunes la période d’apprentissage se termine souvent par le retour au chômage.

Interrogé sur RTL, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, dénonçait les radiations de Pôle emploi, qui auraient augmenté de 41 % en un an à cause de la réforme de l’assurance chômage, en disant : « C’est sûr qu’en dégageant les chômeurs des statistiques, le chômage baisse. »

Manipuler les chiffres du chômage pour pouvoir vanter leurs résultats est bien le véritable métier des ministres du Travail.

Hélène COMTE