Martinique : révolte sociale et négociations

08 Décembre 2021

Le 6 décembre, rien de concret n’était sorti des ateliers de travail mis en place par l’accord du 27 novembre, signé par le préfet de Martinique, le président de l’exécutif de la collectivité territoriale de la Martinique (CTM) et l’intersyndicale.

Ces ateliers portent sur la plateforme en 13 points des grévistes et de la population. Ils concernent aussi l’obligation vaccinale et la levée des sanctions privant de salaire et d’emploi. Ils portent aussi sur la vie chère, la jeunesse, la pêche, la culture ou le transport.

Pour le pouvoir et les élus de Martinique, ces ateliers constituent surtout une porte de sortie de crise, après la mobilisation des salariés de la santé depuis juillet dernier. Les deux semaines de révolte sociale à l’appel d’une intersyndicale et les dizaines de barrages ont secoué l’État et les élus. Ainsi, Serge Letchimy, président de l’exécutif de la CTM, expliquait : c’est « le signe de l’ouverture d’un dialogue sincère et responsable ».

Aujourd’hui, passées les premières difficultés de mise en place du calendrier de ces ateliers, les participants aux réunions se trouvent face à des représentants de l’État et des possédants butés et à des élus impuissants, plutôt prêts à jouer le rôle de pompiers. Ainsi, lors de l’atelier pêche, le représentant de l’État s’est permis de conclure ses propositions en disant aux représentants de l’intersyndicale : « c’est à prendre ou à laisser ». Le mépris habituel des puissants !

Quant au préfet, lors de la première séance de l’atelier Santé, il a mis quatre heures à accepter d’écrire noir sur blanc une note aux employeurs des structures sanitaires et médico-sociales. Il s’agissait de notifier le report officiel de la date de la première injection du vaccin contre le Covid-19 au 31 décembre 2021. Cette annonce avait pourtant été faite depuis plusieurs jours par le ministre de la Santé, Véran. Plutôt que d’ateliers, on a vraiment l’impression d’être sur des voies de garage !

Ces deux premières expériences d’« ateliers », montrent que le gouvernement et les possédants acceptent de « dialoguer » mais qu’ils ne lâcheront sur certaines revendications que si les travailleurs leur opposent un rapport de force conséquent. Les premiers reculs qu’ils ont dû faire en adaptant l’obligation vaccinale aux Antilles ont été le résultat des mobilisations importantes. C’est bien ce que comprennent les grévistes et leurs syndicats, qui appellent au renforcement de la lutte et des barrages.

Marianne TIBUS