Rapport de l’OMS : le travail tue

19 Mai 2021

L’OMS (Organisation mondiale pour la Santé) et l’OIT (Organisation internationale du travail) ont publié une étude révélatrice sur la santé et les conditions de travail dans 154 pays de 1970 à 2018.

Selon l’étude, qui compare semaines de 35 à 40 heures et semaines de 55 heures, ces dernières augmentent de 19 % le risque de faire un accident vasculaire cérébral (AVC) et de 42 % celui de mourir d’une maladie cardiaque, comme un infarctus du myocarde. La plupart des décès concernent des travailleurs des pays asiatiques du Pacifique et de l’Asie du Sud-Est, particulièrement des sujets âgés de 60 à 79 ans ayant travaillé plus de 55 heures hebdomadaires quand ils étaient en activité. Sur la seule année 2016, l’OMS et l’OIT estiment à 745 000 les décès par AVC ou maladie cardiaque causés par de trop longues heures de travail. Ce chiffre terrifiant est en augmentation de 29 % depuis l’an 2000.

Une autre partie de l’étude porte sur les conséquences de la pandémie, et notamment sur le développement du télétravail, bien souvent synonyme d’allongement des horaires d’activité. L’OMS estime que « le nombre d’heures de travail a augmenté d’environ 10 % pendant les confinements », précisant que les longues heures de travail sont aujourd’hui le « premier facteur de risque de maladie professionnelle ».

Le constat est là et pointe les responsables : des patrons féroces pour qui toute heure travaillée est synonyme de profits. Depuis le 19e siècle, le mouvement ouvrier s’est battu pour la réduction des horaires de travail, symbolisée entre autres par la journée de 8 heures. Au 21e siècle, ce combat reste à mener pour des milliards de prolétaires à l’échelle de la planète.

Cédric DUVAL