Léo Frankel, révolutionnaire internationaliste

14 Avril 2021

Le Hongrois Léo Frankel (1844-1896), artisan orfèvre de profession, fut élu membre de la Commune, puis de la commission du Travail et de l’Échange. Il fut à l’origine de ses principales mesures, comme l’interdiction du travail de nuit pour les ouvriers boulangers, l’interdiction des amendes et retenues sur les salaires, ou encore l’enquête sur les ateliers abandonnés, en vue de les exploiter « par l’association coopérative des travailleurs qui y étaient employés ». « La Révolution du 18 mars a été faite exclusivement pour la classe ouvrière, disait-il. Si nous ne faisons rien pour cette classe, nous qui avons pour principe l’égalité sociale, je ne vois pas la raison d’être de la Commune. » Il participa ensuite aux combats de la Semaine sanglante, fut deux fois blessé sur une barricade rue du Faubourg Saint-Antoine, et fut sauvé par Elizabeth Dmitrieff. Il s’exila, gagna Londres où il fut élu membre du Conseil général de l’AIT. Lié à Marx et à Engels, il milita pendant encore 20 ans à Londres, à Vienne, à Budapest où il fut un des fondateurs du Parti général ouvrier hongrois en 1880, et où il fit deux ans de prison. Il termina sa vie à Paris et fut enterré au cimetière du Père-Lachaise. Dans ses dernières volontés, il écrivait :

« Ayant vécu libre-penseur, je veux mourir de même. Je demande donc qu’aucun prêtre d’aucune Église n’approche de moi, soit à l’heure où je meurs, soit à mon enterrement, pour « sauver » mon âme […]. Je ne crois ni à l’enfer, ni au ciel, ni aux châtiments ni aux récompenses dans un autre monde. Enfer et ciel, châtiments et récompenses vivent dans la conscience de chacun. […] Je meurs sans crainte. […] Mon enterrement doit être aussi simple que celui des derniers crève-la-faim. […] La seule distinction que je demande c’est d’envelopper mon corps dans un drapeau rouge, le drapeau du prolétariat international, pour l’émancipation duquel j’ai donné la meilleure part de ma vie et pour lequel j’ai toujours été prêt à me sacrifier. »