Travail, congés, RTT : au bon vouloir des patrons

07 Avril 2021

Comme lors du premier confinement, le patronat a reçu la bénédiction du gouvernement pour disposer des congés des salariés et aménager le temps de travail de ces derniers comme il le souhaite. Pour les patrons, le gouvernement dispense les recommandations, pour les salariés les obligations.

Ainsi, comme le gouvernement a modifié le calendrier scolaire des zones B et C, les alignant sur la zone A, de nombreux parents vont devoir changer leurs plans et prendre leurs congés à un autre moment, s’ils désirent être avec leurs enfants. D’autre part, nombre d’entre eux ne savent pas comment faire garder leurs enfants pendant cette période.

Dans un communiqué, le ministère du Travail a donc indiqué que les patrons « sont invités à faciliter la prise de congés » des salariés qui ont des enfants « sur les nouvelles dates de vacances scolaires ». Il se limite donc à en appeler au bon sens des patrons. Autant dire que, dans nombre d’endroits, cette recommandation va rester lettre morte.

En revanche, pour les salariés qui désireraient bénéficier du chômage partiel, toujours payé à 84 % jusqu’au 1er mai, pour garder leurs enfants et éviter ainsi de poser des congés, l’employeur peut, en utilisant les ordonnances des 25 mars et 16 décembre 2020, leur imposer de prendre six jours de vacances ou de RTT. Il n’a besoin pour ce faire que d’un accord de branche ou d’entreprise et, cerise sur le gâteau, il peut l’annoncer 24 heures avant.

Des patrons envisagent ainsi d’imposer aux travailleurs de leur entreprise d’être considérés comme prenant leurs congés, parce qu’ils craignent les voir partir au moment où l’activité reprendra. Le chômage partiel, intégralement pris en charge par l’État, ne coûte pourtant rien aux patrons. Mais ils préfèrent encore que les salariés restent à leur disposition !

Aline URBAIN