Banque de France : l’emploi à découvert

07 Avril 2021

À peine bouclé le précédent plan qui avait conduit à 2 500 suppressions d’emplois entre 2015 et 2020, la direction de la Banque de France reprend l’offensive, se fixant comme objectif la suppression de 600 postes supplémentaires d’ici à fin 2024.

À la fin de l’an dernier, la banque comptait l’équivalent de 9 535 postes à temps plein. La direction avait déjà annoncé le 20 janvier la fermeture de plus d’une caisse de tri sur trois et la destruction de 131 emplois. Si elle parvenait à ses fins, le recul total des effectifs entre fin 2015 et fin 2024 s’élèverait à 3 500 postes. La moitié des emplois auraient disparu en l’espace de vingt ans.

La direction met en avant le fait que les billets de banque sont de moins en moins utilisés et que son nouveau plan d’économies n’implique aucun départ contraint. Quoi qu’elle en dise, ses décisions contraindraient des centaines de travailleurs à rester au chômage, tandis que les salariés toujours en poste devraient supporter une charge de travail qui, elle, ne diminue pas.

Les salariés soulignent en effet une importante augmentation de l’activité en raison de la crise. Le nombre de dossiers de médiation de crédit – un service à destination des entreprises ayant des problèmes avec leur banque ou leur assurance-crédit – a été multiplié par dix. D’une façon générale, tout le monde sait que les services divers d’assistance aux entreprises risquent d’être très sollicités dans les mois à venir. Tous craignent aussi l’arrivée d’une vague de dossiers de surendettement à partir de l’automne.

Dans ces circonstances, ce ne sont pas des suppressions de postes mais des centaines d’embauches qui seraient nécessaires.

Sacha Kami