Écologie et Constitution : à la recherche du plébiscite vert

17 Février 2021

Mardi 16 février, les députés devaient donner leur avis sur l’introduction de l’exigence écologique dans la Constitution. Faut-il proposer au référendum un article stipulant que la république « garantit la préservation de l’environnement et de la diversité biologique et lutte contre le dérèglement climatique » ?

La question pourrait paraître de pure forme : le droit au logement inclus dans la Constitution ne réchauffe pas les SDF, et le droit au travail, qui y figure également, n’a jamais consolé aucun chômeur.

La garantie constitutionnelle éventuellement fournie par l’État français en matière d’écologie sera de la même farine. Le droit de propriété, réel fondement de la société, primera. Un industriel pourra toujours entreprendre les projets les plus polluants s’il y trouve son intérêt. L’État, loin de le contrecarrer, l’aidera, comme il le fait par exemple pour Total qui vient de lancer un deuxième projet d’exploitation gazière dans le Grand Nord, doublant les risques de monstrueux ravages au-delà du cercle polaire.

Les députés comme les commentateurs savent parfaitement que les parlottes parlementaires et les écrits constitutionnels ne protègeront pas la nature. Mais ils s’en délecteront tout de même, c’est leur métier. Quant à la tenue effective du référendum, un seul critère en décidera : l’opportunité politique en vue de la présidentielle de 2022. Car si l’avenir de la planète est sacrifié aux intérêts du capital, rien n’empêche Macron de se démener pour le sien propre. Et quoi de mieux, quelques mois avant l’élection, qu’un référendum d’autant plus réussi qu’il n’engage à rien et ne dérange personne ?

Paul GALOIS