Personnes vulnérables au Covid-19 : un pas en avant, deux pas en arrière

18 Novembre 2020

Mercredi 11 novembre, un nouveau décret réglementant l’application du chômage partiel aux personnes risquant de développer des formes sévères de Covid-19, dites vulnérables, est paru au Journal officiel.

Il fait suite à la remise en cause par le Conseil d’État du précédent texte, publié le 29 août.

Avant le mois de septembre, onze types de problèmes de santé pouvant provoquer des formes graves du Covid-19 permettaient, sur attestation médicale, d’être mis en chômage partiel. Cette mesure s’étendait aux personnes résidant avec une personne vulnérable.

Le patronat se montrant désireux de relancer au plus vite ses affaires, le gouvernement avait décidé fin août de réduire de onze à quatre les problèmes de santé pris en compte. Saisi par plusieurs associations et syndicats, le Conseil d’État avait ensuite demandé au gouvernement de revoir sa copie, sans pour autant suspendre la disposition qui obligeait l’ensemble des salariés vivant avec une personne vulnérable à retourner au travail.

Le nouveau décret publié revient à la liste initiale, en mentionnant même quelques problèmes de santé en plus. Pourtant, le gouvernement continue de chercher à limiter le nombre de travailleurs pouvant avoir recours au chômage partiel, d’une autre manière.

En effet le certificat du médecin ne suffit plus : il faut désormais que le salarié prouve que l’employeur n’a pas pris de mesure de protection renforcée suffisante et, en cas de désaccord, que la médecine du travail tranche dans son sens. Il suffit que le patron ait aménagé le poste de travail ou limité le partage de celui-ci, par exemple, pour que le travailleur soit obligé d’y revenir. Quant aux travailleurs vivant avec des personnes vulnérables, ils restent exclus du dispositif.

Tout à son objectif d’envoyer le maximum de salariés au travail, le gouvernement en laisse des milliers dans l’angoisse de mettre en danger la vie de leurs proches, suite à une contamination au travail ou sur le trajet.

Sacha Khamid