Arabie saoudite : libérez les militantes emprisonnées !

18 Novembre 2020

Un comité de l’ONU pour les droits des femmes a demandé le 5 novembre à l’Arabie saoudite la libération immédiate de Loujain al-Hathloul et de toutes les autres militantes de la cause des femmes en détention.

Loujain al-Hathloul, qui a milité pour le droit des Saoudiennes à conduire et pour la fin de la tutelle mettant la femme à la merci totale de l’homme, est en grève de la faim depuis le 26 octobre contre ses conditions de détention. Sa famille dénonce les tortures qu’elle a subies depuis son arrestation en mai 2018.

Des dizaines d’opposants – 150, 200, peut-être davantage – croupissent dans les prisons du dictateur saoudien Mohamed Ben Salman, et sont condamnés à des centaines de coups de fouet, voire à la lapidation pour les femmes adultères, sans parler des condamnations à mort par décapitation. À titre d’exemple, il y a un an et demi, le 23 avril 2019, trente-sept Saoudiens ont été exécutés. Selon Amnesty International, la plupart étaient des musulmans chiites. Au moins quinze de ces hommes avaient été déclarés coupables d’avoir participé à des manifestations contre le gouvernement en 2001 et 2012, manifestations organisées dans la province de l’Est, une province à majorité chiite et qui regroupe la partie pauvre de la population du pays. Ils avaient déclaré au tribunal que des actes de torture et d’autres mauvais traitements leur avaient été infligés pendant leurs interrogatoires dans le but de les faire avouer . Parmi eux se trouvait Abdulkareem al Hawaj, un jeune chiite qui n’avait que 16 ans au moment de son arrestation, également exécuté pour sa participation à des manifestations antigouvernementales.

C’est à ce régime barbare que pourtant les dirigeants de pays dits démocratiques comme la France déroulent le tapis rouge. Macron ne cesse ainsi de dénoncer l’intégrisme islamiste, sauf lorsqu’il s’agit des agissements du régime saoudien. Il n’y a pas à s’étonner de cette indignation à géométrie variable. Le régime de l’Arabie saoudite est un soutien de poids pour les intérêts impérialistes au Moyen-Orient. Elle est un marché important pour tous les capitalistes de l’armement, dont Dassault, qui assoient leur fortune sur la production d’engins de mort dont certains vont détruire villes et villages au Yémen, où la guerre continue de faire rage.

Derrière les déclarations annonçant de prétendues réformes, la dictature de Mohamed Ben Salman fait peser sur le pays une chape de plomb, avec la complicité des dirigeants des pays impérialistes, dont la France.

Aline RETESSE