Mineurs étrangers : discours mensongers et xénophobes

07 Octobre 2020

Depuis l’attentat de la rue Appert à Paris, commis par un Pakistanais ayant usurpé le statut de mineur isolé, une campagne haineuse se développe contre les jeunes migrants.

Sur CNews, Zemmour a éructé : « Tous ces jeunes sont voleurs, assassins, violeurs. » Le député LR Ciotti demande une loi rendant obligatoires les tests osseux pour déterminer l’âge des jeunes migrants. Le ministre de l’Intérieur Darmanin a déclaré sur Europe 1 : « Ces mineurs ont vocation à retourner dans leur pays », comme le réclame Le Pen.

Le 1er octobre, l’Unicef a protesté, à juste titre, contre ces discours et rappelé qu’en 2020 la France a accueilli 6 816 mineurs étrangers… et non pas 40 000, comme le prétend Le Figaro ! Les professionnels de l’aide à l’enfance rappellent que les moyens alloués aux départements pour les mineurs sans famille sont dérisoires, a fortiori pour les mineurs migrants, qui ne rencontrent leur éducateur qu’une fois par mois.

Les mineurs étrangers sont, pour la plupart, de jeunes garçons originaires d’Afrique subsaharienne. Pour avoir un avenir, ils ont tout quitté, payé cher des passeurs, parfois connu l’esclavage en Libye, traversé la Méditerranée, subi les camps en Italie ou en Grèce, et les agressions des nervis d’extrême droite. À leur arrivée en France, le parcours du combattant continue. Ils se retrouvent seuls dans une chambre d’hôtel ou de foyer, démunis pour leurs démarches administratives et avec la peur d’être expulsés. Les mensonges d’un Zemmour ou les postures d’un Darmanin n’en sont que plus révoltants.

Julie LEMÉE