Les 7 et 10 octobre : libérez Mumia Abu-Jamal !

07 Octobre 2020

Le comité de soutien au prisonnier politique noir-américain Mumia Abu-Jamal appelait à se rassembler le 7 octobre, comme chaque mois, à 18 heures place de la Concorde à Paris, près de l’ambassade des États-Unis.

Depuis 1982, Mumia Abu-Jamal, emprisonné pour un crime qu’il n’a pas commis, est resté pendant des années dans le couloir de la mort. C’est la mobilisation de son comité de soutien international qui l’en a sorti. Mais la révision de son procès, qui aurait dû conduire à sa libération, a toujours été contrecarrée par la justice américaine.

C’est pourquoi ses soutiens restent préoccupés par le fait que les États-Unis, la plus grande démocratie du monde paraît-il, n’ont pas aboli cette barbarie qu’est la peine de mort. Et les orientations réactionnaires de l’actuel président des États-Unis ont relancé les exécutions dépendant de lui.

Depuis 2003, tous les présidents avaient suspendu les exécutions capitales relevant de l’État fédéral, mais ­Trump, cette année, a autorisé sept exécutions, soit plus en quelques mois que toutes les exécutions fédérales décidées entre 1988 et 2003 !

Trump parle d’une Amérique « à nouveau grande », mais il s’inscrit dans ce qu’elle a de plus détestable. Entre 1963 et 1977, il y a eu quatorze ans sans exécution capitale, un moratoire qui a pris fin en 1977. Depuis, plus de 1 500 personnes ont été exécutées, parmi lesquelles des innocents, car des accusés issus des classes populaires n’ont guère les moyens de mettre en place la contre-enquête qui pourrait les innocenter, quand l’enquête policière est à charge, voire avec des charges trafiquées.

Actuellement, sur les cinquante États américains, vingt-deux ont aboli la peine de mort et dix ne l’ont pas appliquée depuis dix ans. Cette année, aux exécutions autorisées par Trump s’en sont ajoutées sept autres, décidées au niveau des États.

Le comité de soutien à Mumia Abu-Jamal s’associe samedi 10 octobre à l’initiative de la Coalition mondiale contre la peine de mort, qui insiste sur le droit pour les prévenus d’être correctement représentés par un avocat digne de ce nom, qui veille aux conditions de l’arrestation, de la détention, du procès et de ses suites, et garantisse une procédure régulière.

Si le droit des victimes est à juste titre reconnu, il faut aussi respecter celui des prévenus, qui sont parfois des coupables sur mesure, jetés en pâture à l’opinion.

Jacques FONTENOY