Airbus Helicopters – Marignane : non à la baisse des salaires !

07 Octobre 2020

Sur le site d’Airbus-Marignane, près de Marseille, profitant du climat général, la direction de l’entreprise Satys tente de s’attaquer au salaire et aux congés des ouvriers, alors qu’ils travaillent actuellement à cadence renforcée et qu’ils ont travaillé pendant le confinement.

Satys emploie environ 160 travailleurs sur le site d’Airbus Marignane, et plus de 3 000 sur l’ensemble des sites aéronautiques. Il effectue les traitements de surface, peinture et étanchéité des hélicoptères. Les peintres et étancheurs sont pour la plupart disséminés sur chaque chaîne de montage, par petites équipes. Ils travaillent en manipulant des produits comme le Dynol, le chrome 6 et autres produits toxiques.

La direction de Satys s’appuie sur la baisse de cadence sur tous les autres sites aéronautiques en France pour justifier un accord de performance : perte du paiement des jours de carence en cas de maladie, perte de prime de l’ordre d’une centaine d’euros, six minutes de pause converties en minutes de travail. En réponse, le 15 septembre, les travailleurs de Satys se sont rassemblés sur leur temps de pause devant le CE d’Airbus et au secteur du Jaï, en présence de salariés d’Airbus et d’autres entreprises. Le patron de Satys a alors reculé, téléphonant pour dire qu’on l’avait mal compris, et qu’il ne ferait pas tout ce qu’il avait annoncé la veille. Mais, à peine le rassemblement passé, les négociations ont repris et il est apparu que la direction de Satys ne voulait rien lâcher.

Jeudi 24 septembre, de 8 à 10 heures, les travailleurs de Satys ont débrayé et se sont rassemblés devant le CE d’Airbus. Sur les chaînes de montage, l’absence des peintres pendant deux heures a bloqué certaines opérations. La direction d’Airbus a alors contacté le chef d’îlot, qui a contacté le chef d’atelier, qui a contacté le chef d’équipe, qui a convoqué les ouvriers un par un : « Es-tu passé devant le rassemblement, par hasard ? » Les ouvriers ne comprenant pas la question, il a précisé : « Es-tu allé acheter un sandwich, ou as-tu fait grève ? » Cette anecdote a fait le tour des ateliers et a fait réaliser combien la direction d’Airbus craint que la grogne des ouvriers de Satys fasse tache d’huile. C’est bien dans ce cas que les travailleurs pourraient faire reculer les directions.

Correspondant LO