Rentrée scolaire : toujours plus chaotique

16 Septembre 2020

Au 10 septembre, 524 classes et 32 établissements entiers étaient fermés pour cause de contamination au coronavirus. Mais le lendemain, 11 septembre, Jean Castex, après le conseil de défense censé proposer des mesures pour endiguer sa circulation, n’a même pas évoqué l’école.

La situation est pourtant chaotique. Dans nombre d’écoles, de collèges et de lycées, des élèves ont été dépistés positifs sans que leurs camarades soient mis en quatorzaine. Les familles, comme les enseignants et tous les salariés qui font tourner les établissements scolaires, doivent donc se débrouiller seuls face à des décisions contradictoires variant d’un endroit à un autre. Le protocole sanitaire posant problème, le gouvernement l’a tout simplement allégé. Non seulement il n’a débloqué aucun moyen, tel que l’embauche d’enseignants, de personnel de nettoyage, de surveillants, d’infirmières scolaires, mais il en a même supprimé.

Ainsi, des classes ont été fermées, non pas à cause du coronavirus, mais par économie, les enfants étant de ce fait amenés à s’entasser dans les structures restantes. C’est ce que dénoncent les associations de parents d’élèves de l’école maternelle Élisa-Lesourd de Fontenay-sous-Bois, où les très jeunes enfants se retrouvent dans des classes à 29 ou à 31 du fait d’une fermeture. C’est la même colère qui est exprimée par des enseignants et des parents de Montreuil, dans la région parisienne. Vingt et une classes ont été fermées par les autorités académiques du département de Seine-Saint-Denis, dont un quart dans la seule ville de Montreuil. Et on pourrait multiplier les exemples. Partout parents, associations de parents d’élèves et enseignants continuent à dénoncer les classes surchargées. Trente élèves dans une classe de lycée n’est pas une situation exceptionnelle. Et, en ces temps de coronavirus, autant dire qu’il ne peut être question de distanciation physique.

Beaucoup d’autres problèmes sont aggravés par l’épidémie, comme l’impossibilité pour les enseignants en maternelle et primaire de faire laver leurs mains régulièrement aux enfants, surtout quand les points d’eau manquent. Or c’est le cas dans un quart des écoles. Dans plusieurs régions, aucun renfort pour la désinfection des lycées n’a été débloqué, alors qu’il faudrait au moins un doublement des postes pour s’acquitter de cette tâche. Il n’y a pas assez d’infirmières scolaires.

Sans doute est-on encore loin de la situation de l’école publique dans d’autres pays, y compris les États-Unis. Mais l’orientation est la même. Avec l’aggravation de la crise, tout ce qui touche les classes populaires de près, santé, école, transports, est de plus en plus délaissé par un gouvernement sommé d’abord de sauver les profits des capitalistes.

Aline RETESSE