Manifestons le 17 septembre, les travailleurs n’ont pas à payer la crise !

16 Septembre 2020

Jeudi 17 septembre, les salariés du privé et du public, le personnel hospitalier, les cheminots, les enseignants… étaient appelés par la CGT, Solidaires et la FSU à une journée nationale de grève et de manifestations.

Réagissant à l’appel à la grève à la SNCF, le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a dénoncé celles et ceux qui se mobilisaient : « C’est un peu une grève par habitude […] et c’est dommage parce que dans un moment compliqué pour la France
[…], j’aurais espéré qu’il y ait une forme de paix sociale ? »

De quelle paix sociale parle-t-il ? Tous les jours, des salariés sont jetés à la rue avec une violence inouïe. Partout, le grand patronat multiplie les attaques contre les salaires et les conditions de travail.

Une famille richissime, les Mulliez, à la tête d’Auchan, veut mettre 1 400 personnes à la porte du groupe. Cette même famille vient de mettre en liquidation Alinea, une enseigne de meubles, avant de la racheter en se débarrassant de la moitié du personnel. Et ce, en pleine crise, alors que plus de 750 000 chômeurs ont déjà rejoint Pôle emploi. C’est ça, la paix sociale dont parle le ministre ?

Comment parler de paix sociale quand les salariés de PME voient les plans de licenciements se multiplier parce que les grands groupes donneurs d’ordres mettent le couteau sous la gorge de leurs sous-traitants ? Il en est de même pour des milliers d’ouvriers, d’employés et d’ingénieurs de l’aéronautique, de l’automobile ou du tourisme : pendant des années, ils ont fait prospérer leur entreprise et ont permis aux actionnaires d’amasser des fortunes et, dès qu’il y a des difficultés, c’est « allez voir ailleurs » ?

Nous sommes dans une guerre sociale et ce sont les capitalistes qui la mènent. Les licenciements, la baisse des salaires et le durcissement des conditions de travail sont des choix de la bourgeoisie pour maintenir et augmenter ses marges et ses profits. Pour cela, elle fabriquera de nouveaux bataillons de chômeurs et créera de nouveaux déserts industriels.

Le monde du travail s’appauvrit et la société recule des années en arrière pour qu’une minorité capitaliste continue de faire son beurre au travers d’un système épuisé par une concurrence folle. Et c’est encore ce grand patronat, et son système, que le gouvernement aide en l’arrosant de milliards, milliards qui, une fois de plus, alimenteront les profits, la finance et la spéculation. La Bourse, qui a retrouvé ses niveaux d’avant le Covid, l’a bien compris.

Face aux attaques de la bourgeoisie, face à sa rapacité, les travailleurs n’ont pas d’autre choix que de se défendre. Il faut qu’ils agissent collectivement et se dotent d’un plan de combat, car le grand patronat ne connaît que le rapport de force.

Ce plan doit partir des intérêts vitaux de la classe ouvrière. Il faut travailler moins pour travailler tous, sans perte de salaire. Il faut augmenter les salaires, pas les marges ni les dividendes. Il faut le contrôle des salariés sur les milliards d’euros que le grand patronat va encaisser : cet argent doit servir à garantir les emplois et les salaires.

Contre l’explosion du chômage, il faut aussi créer des emplois dans la santé, l’éducation, les transports. En ces temps d’épidémie, cela devrait être une évidence. Mais, même pour cela, il faudra se battre car, si la situation sanitaire est aussi inquiétante, c’est que le gouvernement ne fait toujours pas ce qu’il faut.

À part imposer le port du masque, restreindre la vie sociale, tout en nous demandant d’aller travailler, qu’est-ce qu’il a fait ? Les transports collectifs ont-ils été renforcés pour réduire la promiscuité ? Non. L’Éducation nationale s’est-elle donné les moyens de travailler en groupes restreints ? A-t-elle embauché du personnel supplémentaire pour pallier les absences d’éventuels malades ? Non plus.

Même les laboratoires, au cœur de la lutte sanitaire, sont dans l’improvisation et manquent de bras. Quant aux hôpitaux ou aux Ehpad, ce ne sont pas les annonces dérisoires qui peuvent nous rassurer. La seule chose que le gouvernement a faite sérieusement, c’est de se porter au secours du patronat. C’est un État au service de la bourgeoisie !

Le monde du travail n’a que des coups à attendre du grand capital et de son État. Alors ceux qui manifestent ont raison. Ils préparent le monde du travail au combat qu’il va devoir mener. Ils réaffirment cette nécessité qui existe depuis qu’il y a des exploités, et qui a guidé toutes les générations de militants : « Prolétaires, sauvons-nous nous-mêmes ! »

Bulletins d’entreprise du 15 septembre 2020