Gilets jaunes : les matraques sont toujours de sortie

16 Septembre 2020

D’après le ministre de l’Intérieur, 8 000 gilets jaunes ont manifesté samedi 12 septembre, dont 2 500 à Paris. Ses services avaient pourtant sorti le grand jeu pour empêcher ces contestataires de se montrer dans les rues.

Après des déclarations fracassantes dans les jours précédents et des arrêtés d’interdiction, en particulier dans le centre de Paris, les policiers ont commencé leur journée par plusieurs dizaines d’arrestations préventives le 12 au matin.

La loi permet désormais à la police d’arrêter une personne qu’elle soupçonne d’avoir l’intention de participer à une manifestation qui pourrait éventuellement mal tourner. Si ce n’est pas de l’arbitraire, cela y ressemble quand même beaucoup. La police a de plus interpellé près de 300 manifestants lors des défilés.

Presque deux ans après les débuts de ce mouvement, et alors que le gouvernement a multiplié les tentatives pour le juguler, des grands débats pseudo-démocratiques aux promesses vides, des calomnies aux matraquages en règle, les mêmes questions sociales restent posées. Ni les salaires ni les retraites n’ont augmenté, les services publics sont toujours sacrifiés, les fins de mois toujours difficiles. L’épidémie et le confinement ont de plus renforcé le sentiment entièrement justifié que ceux qui font réellement tourner le pays sont méprisés, alors que ceux qui prétendent le diriger sont exclusivement occupés à servir la soupe aux milliardaires.

Il y a donc toutes les raisons pour que bien des travailleurs regardent toujours avec sympathie les gilets jaunes, ou du moins une partie des revendications et de la colère qu’ils expriment.

Bien sûr, le mouvement a ses limites, ne serait-ce que par les objectifs mis en avant. La seule revendication commune à tous les gilets jaunes reste « Macron dégage » et elle ne peut rien résoudre. Bien des présidents se sont succédé dans ce pays, et quelques-uns d’entre eux ont même été « dégagés », sans que le sort de la population en soit amélioré pour autant. Derrière un Macron, il y a les vrais responsables, c’est-à-dire les capitalistes, leur État, leur organisation sociale, et c’est elle qu’il faudra bien finir par abattre.

Paul GALOIS